‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 230 sur 311 · CRÉON, ATTALE · texte numérisé non relu

CRÉON, ATTALE

ATTALE

Son courroux seroit-il adouci ? 1420

Croyez-vous la fléchir?

CRÉON

Oui, oui, mon cher Attale :

Il n'est point de fortune à mon bonheur égale, Et tu vas voir en moi, dans ce jour fortuné, L'ambitieux au trône, et l'amant couronné2. Je demandois au ciel la princesse et le trône : 1425

Il me donne le sceptre et m'accorde Antigone. Pour couronner ma tête et ma flamme en ce jour, Il arme en ma faveur et la haine et l'amour ; Il allume pour moi deux passions contraires ; Il attendrit la sœur, il endurcit les frères; 1430

Il aigrit leur courroux, il fléchit sa rigueur, Et m'ouvre en même temps et leur trône et son cœur.

ATTALE

Il est vrai, vous avez toute chose prospère',

Et vous seriez heureux si vous n'étiez point père.

L'ambition, l'amour n'ont rien à désirer; 1435

Mais, Seigneur, la nature a beaucoup à pleurer.

En perdant vos deux fils

1. Dans l'édition de 1736: « Créox, Olympe, Attale, Gardes. »

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