‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 241 sur 311 · Vers 99.5 et · texte numérisé non relu

Vers 99.5 et

NOTICE. 5og

PJUTON.

Peste soit de l'extravagant et de sa tendresse mal imaginée ! Il est ma toi aussi fou que les autres. On avoit bien raison làhaut de plaindre la Macédoine de n'avoir pas de petites-maisons pour le renfermer....

Ainsi aurait pu parler Boileau lui-même : peut-être l'auraitil dû, pour être conséquent, quoiqu'il eût été bien dur de mettre Y Alexandre sur la même ligne que Y J strate et YOstorias. Mais frappé des grandes beautés de la pièce de Racine, le satirique , en face des censeurs injustes qu'elle avait trouvés , crut avoir le droit de jeter un voile sur les défauts qui la déparaient. L'amitié put même lui ôter un peu de sa clairvoyance. Des deux sortes d'adversaires que Racine, dans sa préface, nous montre si peu d'accord , les uns soutenant qu'Alexandre n'est pas assez amoureux, les autres qu'il ne vient sur le théâtre que pour parler d'amour1, Boileau feignait de n'avoir entendu que le singulier reproche des premiers. Dans sa satire III, celle du Festin, composée l'année même où Y Alexandre parut, il fait dire au sot campagnard :

Je ne sais pas pourquoi l'on vante Y Alexandre ; Ce n'est qu'un glorieux qui ne dit rien de tendre. Les héros chez Quinault parlent bien autrement2.

Se railler de ceux au gré de qui Alexandre n'était pas assez galant, la tactique était habile, et c'était se donner beau jeu; mais tout le monde ne put pas prendre le change. Pradon saisit l'occasion de trouver le critique en faute. Dans son examen de la satire III, rencontrant le vers i85, il fait cette remarque3 : « Cette tragédie (d' Alexandre) ne s'est pas acquis une réputation si générale que l'auteur le veut faire penser. Jamais Quinault n'a tant répandu de sucre et de miel dans ses opéras que le grand Racine en a mis dans son Alexandre, nous faisant du plus grand héros de l'antiquité un ferluquet (sic) amoureux. Je m'étonne que Despréaux ait touché cette ma-

i. Voyez ci-après, p. 5ig et 520.

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