ACTE II, SCENE V
Et puisque mes soupirs s'expliquoient vainement
A ce cœur que la gloire occupe seulement,
Je m'en vais, par l'éclat qu'une victoire donne,
Attacher de si près la gloire à ma personne,
Que je pourrai peut-être amener votre cœur 6 55
De l'amour de la gloire à l'amour du vainqueur.
AXIANE
Hé bien! Seigneur, allez. Taxile aura peut-être
Des sujets dans son camp plus braves que leur maître;
Je vais les exciter par un dernier effort.
Après, dans votre camp j'attendrai votre sort. 660
Ne vous informez point de l'état de mon âme:
Triomphez et vivez.
PORDS.
Qu'attendez-vous, Madame?
Pourquoi, dès ce moment, ne puis-je pas savoir Si mes tristes soupirs ont pu vous émouvoir? Voulez-vous, car le sort, adorable Axiane, 66 5
A ne vous plus revoir peut-être me condamne, Voulez-vous qu'en mourant un prince infortuné1 Ignore à quelle gloire il étoit destiné? Parlez.
AXIANE
Que vous dirai-je?
PORUS
Ah ! divine Princesse , Si vous sentiez pour moi quelque heureuse foiblesse, 670 Ce cœur, qui me promet tant d'estime en ce jour, Me pourroit bien encor promettre un peu d'amour. Contre tant de soupirs peut-il bien se défendre? Peut-il....
I. Var. Voulez-vous qu'en mourant ce cœur infortuné. (r666 et 72)
AXIANE
Allez, Seigneur, marchez contre Alexandre. La victoire est à vous, si ce fameux vainqueur 675
Ne se défend pas mieux contre vous que mon cœur.