‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 290 sur 311 · ALEXANDRE, AXIANE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE, AXIANE

AXIANE

Hé bien , Seigneur, hé bien ! trouvez-vous quelques charmes A voir couler des pleurs que font verser vos armes ? Ou si vous m'enviez, eu l'état où je suis, La triste liberté de pleurer mes ennuis ?

ALEXANDRE

Votre douleur est libre autant que légitime.

Vous regrettez, Madame, un prince magnanime. toio

Je fus son ennemi ", mais je ne l'étois pas

Jusqu'à blâmer les pleurs qu'on donne à son trépas.

Avant que sur ses bords l'Inde me vît paroître *.

L'éclat de sa vertu me l'avoit fait connoître;

Entre les plus grands rois il se fit remarquer.

Je savois....

AXIANE

Pourquoi donc le venir attaquer ?

Par quelle loi faut-il qu'aux deux bouts de la terre Vous cherchiez la vertu pour lui faire la guerre ? Le mérite à vos yeux ne peut-il éclater Sans pousser votre orgueil à le persécuter ? i o

ALEXANDRE

Oui, j'ai cherché Porus; mais quoi qu'on puisse dire, Je ne le cherchois pas afin de le détruire*. J'avoùrai que brûlant de signaler mon bras,

i. Voyez ci-dessus, vers 5i8-52o.

2. L'expression que l'on remarque a peine dans ce vers se retrouve, mais avec un bien autre relief, dans cet autre vers de Racine :

Montrer aux nations Mithridate détruit.

(Mithridute, acte III, scène I, vers 921.)

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