‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 33 sur 311 · Mémoires, tome II, p · texte numérisé non relu

Mémoires, tome II, p

io6 NOTICE BIOGRAPHIQUE

disent qu'il fut introduit par Bossuet1 ; mais Louis Racine nous apprend que ce fut son père qui, consulté par Rime de Montespan, décida ce choix. ISous savons aussi par lui que Racine et Boileau avaient leurs entrées chez elle, et y faisaient au Roi les lectures de leur histoire. La reconnaissance mena Racine un peu trop loin. Nous ne voulons pas parler de ces billets du Roi à la favorite que le poète aurait mis en vers : ce serait à une date antérieure ; on ne peut d'ailleurs admettre ce conte très -invraisemblable de la Beaumelle -. Nous pensons seulement à ce fait étrange d'un démenti très-prompt que Racine faillit donner, qu'il donna même, on peut le dire, par un commencement de faiblesse, à sa résolution de fuir la poésie, celle du théâtre surtout. Il est resté, parmi les œuvres de Boileau, la première scène du prologue d'un opéra de Pltaéton, fragment d'une œuvre à laquelle Racine devait avoir la part principale. Dans Y Avertissement au lecteur, dont Boileau fit précéder cette scène, quand il la publia, il raconte comment il fut amené à cet essai lyrique. «Mme de Montespan , dit-il, et Mme de Thianges8, sa sœur, lasses des opéra de M. Quinault, proposèrent au Roi d'en faire faire un par M. Racine, qui s'engagea assez légèrement à leur donner cette satisfaction.... Il commença dès lors en effet un opéra, dont le sujet étoit la chute de Phaeton. Il en fit même quelques vers, qu'il récita au Roi, qui en parut content. Mais comme M. Racine n'entreprenoit cet ouvrage qu'à regret, il me témoigna résolument qu'il ne l'achèveroit point que je n'y travaillasse avec lui. » A quel moment Racine eut-il cette complaisance pour Mme de Montespan, et se mit-il à travailler à ce que Boileau appelle des vers d'amourette? La première pensée qui vient, c'est que ce fut sans doute avant 1677, avant le temps de pénitence. Cependant M. Berriat-Saint-Prix, dans sa table chronologique des

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