‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 34 sur 311 · Biographie universelle, article Valincour · texte numérisé non relu

Biographie universelle, article Valincour

1 . Mémoires pour servir à /' histoire de Mme de Maintenon.. . , tome II, p 37 (Hambourg, 1756, 5 vol. in-ia).

3. Les noms (Montespan et Thianges) ont été mis par Brossette et d'autres éditeurs. Dans la première édition (171 3) on ne lit que les initiales M** et T". Voyez le Boileau de M. Berriat-Saint-Prix, tome II, p. 477.

OEuvresde Boileau*, place la composition du iVo/og-we vers 1680; et pour bien s'assurer qu'il ne se trompe pas, il suffit de lire avec un peu d'attention le passage de Y Avertissement de Boileau , où est raconté l'avortement de l'entreprise, traversée par les réclamations de Quinault au désespoir : « Nous retournâmes donc, M. Racine et moi, à notre premier emploi (ainsi ils étaient alors historiographes), et il ne fut plus mention de notre opéra, dont il ne resta que quelques vers de M. Racine, qu'on n'a point trouvés dans ses papiers après sa mort, et que vraisemblablement il avoit supprimes par délicatesse de conscience, à cause qu'il y étoit parlé d'amour. » N'eût-il pas autant et mieux valu faire encore des tragédies comme Iphigénie et Phèdre? Voilà l'inconvénient qu'il y avait à mettre à l'abri son salut et sa conversion derrière un emploi de cour et si près de Mme de Montespan. Faibles poètes ! combien leurs serments ont toujours été fragiles ! et qu'ils sont plus aisément encore trahis par leur faiblesse, quand ils ont l'imprudence de se faire courtisans !

Dans le même temps à peu près où Mme de Montespan demandait à Racine un opéra, l'abbesse de Fontevrauld mettait son érudition grecque à contribution. Ce fut « pour montrer qu'il avoit à cœur de lui obéir2 » qu'il traduisit le Banquet de Platon. Il nommait cette obéissance une corvée; mais le métier de courtisan a ses charges, et il était trop difficile à Racine de résister aux trois sœurs, alors si puissantes, qui l'aimaient et le protégeaient.

Dans cette nécessité, qui nous semble pénible, d'être agréable à Mme de Montespan, une autre corvée (quelques vers écrits en courant peuvent parfois prendre ce nom) avait été , un peu avant celles de V opéra et du Banquet, imposée à sa complaisance. Au commencement de 1679, un petit livre ayant pour titre : Œuvres diverses d'un auteur de sept ans, avait été offert en étrennes à la mère du jeune auteur, lequel était le duc du Maine. La précocité d'esprit de l'enfant n'est pas ce qui surprend le plus dans ce livre ; l'éducation qu'il

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