Cela est raconte dans le fiuïaeana , p
historique , y trouver encore la chicane sous un autre habit. Prenant le parti de dormir chez un greffier la grasse matinée, il se livra tout entier à son génie, qui l'emportoit vers la poésie; et lorsqu'on lui représenta que s'il s'attachoit à la satire, il se leroit des ennemis qui auroient toujours les yeux sur lui, et ne chercheroient qu'à le décrier: « Eh bien ! répondit-il, je serai honnête homme, et je ne les craindrai point. »
On l'exhortoit à ne point attaquer Chapelain, parce que, lui disoit-on, il est protégé par M, de Montausier, et reçoit quelquefois la visite de M. Colbert. «Et quand le Pape, répondit-il , lui rendroit visite , ses vers en seroient-ils meilleurs ' ? »
Il prit d'abord Juvénal pour son modèle, persuadé que notre langue étoit plus propre à imiter la force de ce style que l'élégante simplicité du style d'Horace. Il changea bientôt de sentiment. Sa première satire fut celle-ci : Daman, ce grand auteur, etc. Il la fit tout entière dans le goût de Juvénal; et pour en imiter le ton de déclamation, il la finissoit par la description des embarras de Paris. Il s'aperçut que la pièce étoit trop longue, et devenoit languissante : il en retrancha cette description, dont il fit une satire à part2. Son second ouvrage fut la satire qui est aujourd'hui la septième dans le recueil de ses œuvres : Muse, changeons de style, etc. Après celle-ci, il en adressa une à Molière , et fit son Discours au Roi 3. Ensuite il entreprit la satire du Festin et celle sur la Noblesse, travaillant à toutes les deux en même temps, et imitant Juvénal dans l'une et Horace dans l'autre. Ses ennemis débitèrent que, dans la satire sur la Noblesse, il avoit eu dessein de railler M. de Dangeau*. Il n'en eut jamais la pensée. Il l'adressoit d'abord à M. de la Rochefoucauld ; mais trouvant que ce nom , qui de-
1. Ce passage, depuis : « On l'exhortoit.... » est une addition manuscrite de Y Exemplaire corrigé.