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2. C'est ce que dit Boileau lui-même dans la préface de la première édition qu'il donna de ses OEuvres , en 1666.
3. Cette édition de 1674 fut cédée par Boileau au libraire Thierry, avec charge d'y associer Billaine, Barbin et la veuve la Coste. Outre les neuf satires, qui avaient été alors publiées, cette édition renferme les quatre premières épures, Y Art poétique, les quatre premiers chants du Lutrin et le Traité du Sublime.
4- Dans l'édition de 1750 , au lieu de « un seul, s il v a a un sol. » 5. Vers I2g-i3a.
2Îo MEMOIRES SUR LA VIE
peu de temps fait de grands progrès. Mais je suis obligé d'interrompre l'histoire «le ses tragédies, pour raconter celle de deux ouvrages d'une nature bien différente.
Le public ne les attendoit ni d'un jeune homme occupé de tragédies, ni d'un élève «Je Port-Royal '. La vivacité du poète, qui se crut offensé >lans son talent, ce qu'il avoit de plus cher, lui fit oublier ce qu'il devoit à ses premiers maîtres, et l'engagea à entrer, sans réflexion, dans une querelle qui ne le regardoit pas.
Desmarets de Saint-Sorlin, que le mauvais succès de son Clovis avoit rebuté, las d'être poète, voulut être prophète, et prétendit avoir la clef de \ Apocalypse. Il annonça une armée de cent quarante-quatre mille victimes, qui rétablirait, sous la conduite du Roi, la vraie religion. Par tous les termes mystiques qu'inventoit son imagination échauffée, il en avoit déjà échauffé plusieurs autres. Il eut l'honneur d'être foudroyé par M. Nicole, qui écrivit contre lui les lettres qu il intitula Visionnaires, parce qu'il les écrivoit contre un grand visionnaire, auteur de la comédie des Visionnaires . Il fit remarquer, dans la première de ces lettres, que ce prétendu illuminé ne sétoit d'abord fait connoître dans le monde que par des romans et des comédies : « qualités , ajouta-t-il , qui ne sont pas fort honorahles au jugement des honnêtes gens, et qui sont horribles, considérées suivant les principes de la religion chrétienne. Un faiseur de romans et un poète de théâtre est un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes. Il se doit regarder comme coupable d'une infinité d homicides spirituels, ou qu'il a causés en effet, ou qu'il a pu causer. »
Mon père, à qui sa conscience reprochoil des occupations qu'on regardoit à Port-Royal comme très-criminelles; se persuada que ces paroles n'avoient été écrites que contre lui, et qu'il étoit celui qu'on appeloit un empoisonneur public. Il se croyoit d'autant mieux fondé dans cette persuasion, qu'à cause de sa liaison avec les comédiens, il avoit été comme exclu de Port-Royal par une lettre de la mère Racine, sa tante, qui est si bien écrite, qu'on ne sera pas fâché de la lire.
i. Dans l'édition de 1747 : «du Port-Royal. »
DE JEAN RACINE. ail