IN AVARUM
Quis furor, o démens, quse te vesania turbat ? Quseque auri torquet turpia corda famés?
COXTRE UN AVAKE.
Insensé! quelle fureur, quelle folie t'égare ? et quelle soif de l'or tourmente honteusement ton cœur ? toi qui adores l'abominable divinité de la Fortune
AUX POESIES DIVERSES. aar
Qui csecse infandum'Fortunae numen adoras,
Mendacique colis munera lata manu.
Heu! quid sollicite tantum indulgere labori, 5
Quid tantum lucris invigllare ju\at, Immensam si nuUa sitim tibi copia pellat,
Atque opibus magnis immoriaris incps?
Nequicqiiam ingénies ima tellure recondis
Thesauros, tectis plurima gemma micat ; lo
Nequicquam auratis surgunt tibi nixa columnis
Atria, et augusto culmine celsa nitent ; Nequicquam tibi mille rates super œquora currunt,
Fecundique virent jugera vasta soli :
Nam requiem non gaza parit, miserosque tumultus iS
Mentis non auri pondéra fossa fugant ; iEratas nec curatimet conscendere naves,
Nec refugit uitidœ lumina magna domus.
Sed quo majores congesserit atra cupido
Divitias, major vexât ubique metus. 20
O qiiaestus furiosa famés! o turpis egestas !
Quot uobis pestes quantaque damna créas ! Tu potes unanimes in bella accendere gentes,
Tu summa immiti vertere régna manu.
Impietas tibi certa cornes, fraudesque dolique; aS
Per te nune toto régnât in orbe scelus. Hic nimium felix, cui quod non desit habeuti
aveugle, et estimes les dons que te fait sa main ti'orapeuse. Hé! à quoi te sert de te livrer à tant d'efforts inquiets, de veiller si constamment sur ton gain, si nulle richesse ne peut te délivrer d'une soif inextinguible, et si, à côté de ton or, tu te consumes dans l'indigence? En vain tu caches dans les entrailles de la terre tes immenses trésors, et les éblouissantes pierreries abondent dans ta demeure; en vain s'élèvent tes palais que soutiennent des cclonnes dorées, et que couronne un faîte majestueux ; en vain tu fais courir mille vaisseaux sur les mers, et la vaste étendue de tes champs étale une fertile verdure : car l'opulence ne procure pas le re2)os,et l'or qu'on enfouit est impuissant à chasser les cruels troubles de l'âme; les soucis ne craignent pas de s'embarquer sur les navires garnis d'airain, et ne se retirent pas devant les splendeurs d'un magnifique palais. Mais plus la triste cupidité aura amassé de richesses, plus ou sera de toutes parts assailli par les terreurs. O soif furieuse du gain! ô misère honteuse! que de fléaux, que de malheurs tu déchaînes sur nous! C'est toi qui peux enflammer des nations entières de la fureur des combats, c'est toi qui ruines sans pitié les puissants empires. L'impiété, la mauvaise foi, la trahison, voila tes compagnes inséparables ; c'est par toi que le crime règne maintenant dans le monde entier. Trop heui-eux celui qui possédant le nécessaire n'a le
i PREMIER APPENDICE, ETC.
Nullus corda pavor curaque nullà premit ; Quem sors nuUa movet, sed casu immolus ab omni
Fallaces firmo pectore spemit opes. 3o
cœur assiégé d'aucune crainte, d'aucun souci ; celui qu'aucun des coups de la fortune n'ébranle, mais qui tenant toujours ferme contre le sort, a le courage de mépriser les trompeuses richesses !