CONTRE FONTENELLE
Sur l'air : Adieu Jonc, dame Françoise.
Cette chanson fut faite à l'occasion de la chute de VJspar (1680), comme l'épigramme que nous avons donnée plus haut, p. i83-i85. La Harpe la croyait de Racine, puisqu'il a dit , dans son Cours de littérature (3« partie, livre III, chapitre i, section i) : e Racine ne se refusa pas (à roccasion de fAspar) une épigramme et une chanson, qui firent plus de fortune que la pièce, 35 Peut-être ne parlait-il ainsi que sur la foi de Luneau de Boisjermain, qui a inséré la chanson dans ses Œuvres de Racine^tome V, p. 409, en la faisant précéder de quelques mots de préface où il n'apporte aucune preuve de son authenticité. Les éditeurs qui sont venus après lui l'ont également donnée; ceux de iSoj l'ont placée, comme nous le faisons ici, parmi les Pièces attribuées ; ils disent dans une note : « Ces deux couplets, qui parurent lors de la chute de VAspar de Fonlenelle, furent attribués dani le temps à Racine, et cette opinion s'est conservée jus-
I. Il y a «jeune innocent » dans le texte des frères Parfait.
qu'à nos jours. » Selon M. Aimé-Martin, les couplets ont passé pour être de Racine et de Boileau. Ce qu'il y a de plus certain, c'est qu'ils sont fort jolis.
Adieu, ville peu courtoise,
Où je crus être adoré'.
Aspar est désespéré.
Le poulailler de Pontoise*
Me doit remener demain 5
Voir ma famille bourgeoise,
Me doit remener demain ,
Un bâton blanc à la main *.
Mon aventure est étrange.
On m'adoroit à Rouen. 10
Dans le Mercure galant
J'avois plus d'esprit qu'un ange.
Cependant je pars demain,
Sans argent et sans louange ;
Cependant je pars demain, i5
Un bâton blanc à la main.