Tous est omis dans les deux textes de
2. On peut voir au tome VI de la Clélle (édition de i658, p. Ii38 et suivantes), le portrait d'Arnauld d'Andilly sous le nom de Timante. M. Sainte-Beu^e en a cité une partie dans son Port- Rojal , tome II, p. 268-270. Ce portrait commence par la description d'une solitude, où se trouve cette plirase : « Ce n'est pas sans sujet que vous avez la curiosité de savoir quelle est la forme de vie de ces illustres solitaires. »
3. Le passage auquel Racine fait allusion est dans la Réponse du Provincial aux deux premières lettres de son ami (2 février i656) : « Vous voudriez bien aussi savoir qui est la personne qui écrit de la sorte ; mais contentez-vous de l'honorer sans la connoître; et quand vous la connoîtrez , vous l'honorerez bien davantage. » Ceci vient h la suite de la citation d'un billet écrit par une dame au sujet de la jiremière lettre de Pascal. C'est Racine qui nous a appris que cette dame est Mlle de Scudéry. IMais, d'autres avant nous l'ont déjà remarqué, il intervertit l'ordre des faits, lorsqu'il dit que l'on a rendu ses louanges à l'auteur de Clélie. La Réponse du Provincial est de if)56, le portrait d'Arnauld d'Andilly de i658. Voyez à ce sujet c'ans V Appendice du tome II de Port-Royal une note de M. Sainte-Beuve, p. 577-580.
Mais, Monsieur, si je ni'eu souviens, on a loué même des Marets dans ces lettres. D'abord l'auteur eu avoit parlé avec mépris, sur le bruit qui couroit qu'il travailloit aux apologies des jésuites. Il vous fit savoir qu'il n'y avoit point de part. Aussitôt il fut loué comme un bomme dlionueur, et comme un liomme d'esprit*.
Tout de bon. Monsieur, ne vous semble-t-il pas qu'on pourroit faire sur ce procédé les mêmes réflexions que vous avez faites tant de fois sur le procédé des jésuites? Vous les accusez de n'envisager dans les personnes que la baine ou l'amour qu'on avoit pour leur compagnie. Vous deviez éviter de leur ressembler. Cependant on vous a vus de tout temps louer et blâmer le même bomme ^, selon que vous étiez contents ou mal satisfaits de lui. Sur quoi je vous ferai souvenir d'une petite bistoire que m'a contée autrefois un de vos amis. Elle marque assez bien votre caractère.
Il disoit qu'un jour deux capucins arrivèrent au Port- Royal, et y demandèrent l'bospitalité. On les reçut d'abord assez froidement, comme tous les religieux y étoient reçus. Mais enfin il étoit tard , et l'on ne put pas se dispenser de les recevoir. On les mit tous deux dans une cbambre, et on leur porta à souper. Comme ils étoient à table, le diable, qui ne vouloit pas que ces bons Pères soupassent à leur aise, mit dans la tète de quelqu'un de vos IMessieurs que l'un de ces capucins étoit un certain
1. C'est apparemment des Marets que Pascal avait désigné dans un passage de sa Quiitziùme Provinciale , où il parle des romans qu'a faits l'apologiste des jésuites. Il se rétracta dans une espice de post-scrij)tum qui est à la fin de sa seizième lettre : « Je devois jienser , dit-il, qu'il avoit trop de jugement pour croire vos impostures, et trop (l'iionneur pour les publier sans les croire. »
2. Le Recueil de la Monnoye omet Iiomme. — Deux lignes plus loin, il a, ainsi que les Mémoires de Trci'oux, ressouvenir, au lieu de souvenir.
P. Maillard*, qui s'étoit depuis peu signalé à Rome en sollicitant la bulle du pape contre Jansénius. Ce bruit vint aux oreilles de la Mère Angélique^. Elle accourut au parloir avec précipitation, et demande qu'est-ce qu'on a servi aux capucins, quel pain et quel vin on leur a donné? La tourière lui répond qu'on leur a donné du pain blanc et du vin des Messieurs. Cette supérieure zélée commande qu'on le leur ôte, et que l'on mette devant eux du pain des valets et du cidre. L'ordre s'exécute. Ces bons Pères, qui avoicnt bu chacun un coup, sont bien étonnés de ce changement. Ils prennent pourtant la chose en patience, et se couchent, non sans admirer le soin qu'on prenoit de leur faire faire pénitence. Le lendemain ils demandèrent à dire la messe, ce qu'on ne put pas leur refuser. Comme ils la disoient, M. de Bagnols^ entre dans l'église, et fut bien surpris de trouver le visage d'un capucin de ses parents dans celui que l'on prenoit pour le P. Maillard. M. de Bagnols avertit la Mère Angélique de son erreur, et l'assura que ce Père étoit un fort bon religieux, et même dans le cœur assez ami de la vérité. Que fit la Mère Angélique? Elle donna des ordres tout contraires à ceux du jour de devant. Les capucins furent conduits avec honneur de l'église dans le réfectoire, où ils trouvèrent un bon déjeuner qui les attendoit, et qu'ils mangèrent de fort bon cœur, bénis-
1 . Dans le texte des Mémoires de Trévoux, on a substitué le nom de Milliard à celui de Maillard.
2. La Mère Marie- Angélique Arnauld, sœur d'Antoine Arnauid , abbesse de Port-Royal, morte le 6 août i66i.
3. Guillaume du Gué , seigneur de Bagnols, maître des requêtes. Il avait acheté près de Clievreuse le château de Saint-Jean-des-Trous, qui servit d'asile aux petites écoles de Port-Royal. Il avait contribué avec le duc de Luynes aux réparations et augmentations de l'abbaye. II était mort le i5 mai 1637. Voyez son épitaphe par M. Hamon, dans le IVécrolog'; , ]i. 202.
sant Dieu, qui ne leur avoit pas l'ait mauger leur pain blanc le premier.
Voilà, Monsieur, comme vous avez traité desMarets, et comme vous avez toujours traité tout le monde. Qu'une femme liit dans le désordre, quun homme fût dans la débauche, s'ils se disoient de vos amis, vous espériez toujours de leur salut ; s'ils vous étoient peu favorables, quelque* vertueux qu'ils fussent, vous appréhendiez toujours le jugement de Dieu pour eux. La science étoit traitée comme la vertu : ce n'étoit pas assez, pour être savant, d'avoir étudié toute sa vie, d'avoir lu tous les auteurs ; il falloit avoir lu Janséuius, et n'y avoir point lu les Propositions.
Je ne doute point que vous ne vous justifiiez " par l'exemple de quelque Père ; car qu'est-ce que vous ne trouvez point dans les Pères ? Vous nous direz que saint Hiérosme a loué Rufin comme le plus savant homme de son siècle, tant qu'il a été son ami ; et qu'il traita le même Rufin comme le plus ignorant homme de son siècle, depuis qu'il se fut jeté dans le parti d'Origène. Mais vous m'avouerez que ce n'est pas cette inégalité de sentiments^ qui l'a mis au rang des saints et des docteurs de l'Eglise.
Et sans sortir encore de l'exemple de des Marets, quelles exclamations ne faites-vous point sur ce qu'un homme qui a fait autrefois des romans, et qui confesse, à ce que vous dites, qu'il a mené une vie déréglée, a la hardiesse d'écrire sur les matières de la religion? Ditesmoi, Monsieur, que faisoit dans le monde M. le Maistre*?