‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 151 sur 306 · Dans les Mémoires de Trévoux : «. j'ai jjelne · texte numérisé non relu

Dans les Mémoires de Trévoux : «. j'ai jjelne

2. Dans la seizième. Il l'a répété en termes formels dans la dixseptième.

3. Dans l'édition des OEwres de Despréaux et dans les Mémoires de Trévoux, une note sur ce passage avertit le lecteur qu' c ils en avoient effectivement changé ; car M. d'Aucourt se nommoit Bnrhier, et M. du Bois se nommoit Goisbaut. » Mais les éditeurs de 1807 disent que Barbier ne prit le nom de d'Aucour que dix ans apn's la date

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n'en changez point du tout ; vous ne sauriez être moins connus qu'avec le vôtre; surtout louez vos Messieurs, et ne les louez pas avec retenue. Vous les placez justement après David et Salomon; ce n'est pas assez : mettez-les devant, vous ferez un peu souffrir leur humilité; mais ne craignez rien : ils sont accoutumés à bénir tous* ceux qui les font souffrir.

Aussi vous vous en acquittez assez bien : vous les voulez obliger à quelque prix que ce soit. C'est peu de les préférer à tous ceux qui ont jamais paru dans le monde, vous les préférez même à ceux qui se sont le plus signalés dans leur parti : vous rabaissez M. Pascal pour relever l'auteur des Imagmaires ; vous dites que M. Pascal n'a que l'avantage d'avoir eu des sujets plus heureux que lui. Mais, Monsieur, vous qui êtes plaisant, et qui croyez vous connoître en plaisanterie, croyez-vous que le pouvoir prochain et la grâce suffisante fussent des sujets plus divertissants que tout ce que vous appelez les visions de des MaretsP Cependant vous ne nous persuaderez pas que les dernières Imaginaires soient aussi agréables que les premières Provinciales : tout le monde lisoit les unes, et vos meilleurs amis peuvent à peine lire les autres.

Pensez-vous vous-même que je fasse une grande injustice à ce dernier^ de lui attribuer une Chamillarde? Savez-vous qu'il y a d'assez bonnes choses dans ces Chamillardes ? Cet homme' ne manque point de hardiesse,

<îe cette lettre , ce qui rend impossible l'allu-^ion supposée , et que Racine a voulu parler d'une manière générale des pseudonymes si fort en usage parmi les écrivains de Port-Royal.

1 . Le mot tous manque dans le texte des Mémoires de Trévoux.

2. Quoique un peu éloigné de Cauteur des Imaginaires, nommé quelques lignes plus haut, ce dernier ne peut se rapporter qu'à lui.

3. C'est-à-dire l'auteur des Chamillardes ; il y a une ellipse. Ra-

il possède assez bien le caractère de Port-Royal, il traite le pape familièrement, il parle aux docteurs avec autorité. Que dis-je? Savez-vous qu'il a fait un grand écrit qui a mérité d'être brûlé ? Mais cela seroit plaisant que je prisse contre vous le parti de tous vos auteurs ; c'est bien assez d'avoir défendu M. Pascal. Il est vrai que j'ai eu quelque pitié de voir traiter l'auteur des Chamillardes avec tant d'inhumanité, et tout cela parce qu'on l'a convaincu de quelques fautes; il fera mieux une autre fois, il a bonne intention. Il s'est fait cent querelles pour vos amis. Voulez-vous qu'il soit mal avec tout le monde, et qu'il ne soit estimé des jésuites ni des jansénistes? Ne craignez-vous point que l'on vous fasse le même traitement? Car qui empêchera quelque autre de me répondre, et de me dire, en parlant de vous : « Quoi, Monsieur? vous avez pu croire que Messieurs de Port-Royal avoient adopté une lettre si peu digne d'eux? Ne voyez-vous point qu'elle rebat cent fois la même chose, qu'elle est obscure en beaucoup d'endroits, et froide partout? >> Ils me diront ces raisons, et d'autres encore, et j'en serai fâché pour vous ; car votre belle humeur tient à peu de chose : la moindre mortification la suspendra^, et vous retomberez dans la mélancolie de votre confrère.

Mais il s'ennuieroit peut-être, si je le laissois plus longtemps sans l'entretenir : il faut revenir à lui, et faire tout ce que je pourrai pour le divertir. J'avoue que ce n'est pas une petite entreprise ; car que dire à un homme

cine apparemment attribuait les ChamUlarcJes au docteur Louis Gorin de Saint-Amour , car il parle d'un grand écrit qui a été hrùlé ; et l'on croit qu'il est question du Journal de ce qui s''est passe' à Rome dans Caffaire des cinq Propositions, imprimé en 1662 in-folio. Ce journal avait été rédigé sur les Mémoires de Saint- Amour par Antoine Arnauld et Isaac le Maître de Saci. Un arrêt rendu le 4 janvier 1664 le condamna à être brûlé par la main du bourreau.

I, Dans le texte des Mémoires de Trévoux, il y a surprendra.

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qui ne prend rien en raillerie, et qui trouve partout des sujets de se fâcher? Ce n'est pas que je condamne sa mauvaise humeur, il a ses raisons : c'est un homme qui s'intéresse sérieusement dans le succès de vos affaires ; il voit qu'elles vont de pis en pis, et qu'il n'est pas temps de se réjouir; c'est sans doute ce qui fait qu'il s'emporte tant contre la comédie. Comment peut -on aller au théâtre*, comment peut-on se divertir, lorsque la vérité est persécutée, lorsque la fin du monde s'approche, lorsque tout le monde a tantôt signé? Voilà ce qu'il pense, et c'est ce qu'allégua un jour fort à propos un de vos confrères; car je ne dis rien de moi-même.

C'étoit chez une personne qui en ce temps-là étoit fort de vos amies; elle avoit eu beaucoup d'envie d'entendre lire le Tartuffe"^ \ et l'on ne s'opposa point à sa curiosité. On vous avoit dit que les jésuites étoient joués dans cette comédie; les jésuites, au contraire, se flattoient qu'on en vouloit aux jansénistes. Mais il n'importe : la compagnie étoit assemblée ; jMolière alloit commencer, lorsqu'on vit arriver un homme fort échaufîé, qui dit tout bas à cette personne : -< Quoi, Madame? vous entendrez une comédie le jour que le mystère de l'iniquité s'accomplit? ce jour qu'on nous ôte nos Mères? » Cette raison parut convaincante : la compagnie fut congédiée ; Molière s'en retourna, bien étonné de l'empressement qu'on avoit eu pour le faire venir, et de celui qu'on avoit pour le renvover En effet, Messieurs, quand vous

I. Ce premier membre de phrase manque dans le texte des 'Mémoires de Trévoux.

1. J. B. Rousseau écrivait à Brossette, dans la lettre, déjà plusieurs fois citée, du 4 décembre 1718 : « Je crois avoir ouï dire à M. de Junquière que l'aventure de Tartuffe se passa chez la duchesse de Longueville; mais je n'oserois vous l'assurer précisément. » — « Il serait plus \Taisemblablp, dit M. Sainte-Beuve (Por/-/?o}a/, tome III, p. 200, note i), de la placer chez Mme de Sablé. »

raisonnerez de la sorte, nous n'aurons rien à répondre, il faudra se rendre ; car de me demander, comme vous faites, si je crois la comédie une chose sainte, si je la crois propre à faire mourir le vieil homme, je dirai que non; mais je vous dirai en même temps qu'il y a des choses qui ne sont pas saintes, et qui sont pourtant innocentes. Je vous demanderai si la chasse, la musique, le plaisir de faire des sabots, et quelques autres plaisirs que vous ne vous refusez pas à vous-mêmes, sont fort propres à faire mourir le vieil homme ; s'il faut renoncer à tout ce qui divertit , s'il faut pleurer à toute heure ? Hélas ! oui , dira le mélancolique. Mais que dira le plaisant? 11 voudra qu'il lui soit permis de rire quelquefois, quand ce ne seroit que d'un jésuite; il vous prouvera, comme ont fait vos amis', que la raillerie est permise, que les Pères ont ri, que Dieu même a raillé. Et vous semble-t-il que les Lettres proçi?iciales soient autre chose que des comédies? Dites-moi, Messieurs, qu'est-ce qui se passe dans les comédies? On y joue un valet fourbe, un bourgeois avare , un marquis extravagant , et tout ce qu'il y a dans le monde de plus digne de risée. J'avoue que le Provincial a mieux choisi ses personnages : il les a cherchés dans les couvents et dans la Sorbonne; il introduit sur la scène tantôt des jacobins, tantôt des docteurs, et toujours des jésuites. Combien de rôles leur fait-il jouer ! Tantôt il amène un jésuite bonhomme, tantôt un jésuite méchant, et toujours un jésuite ridicule. Le monde en a ri pendant quelque temps , et le plus austère janséniste auroit cru trahir la vérité que de n'en pas rire.

Reconnoissez donc. Monsieur, que puisque nos comédies ressemblent si fort aux vôtres, il faut bien qu'elles

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