‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 178 sur 306 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

L'abbaye de Port-Royal, près de Chevreuse , est une des plus anciennes abbayes de Tordre de Cîteaux. Elle fut fondée, en Tannée 1204, par un saint évêque de Paris, nommé Eudes de Sully ^, de la maison des comtes

1. Ce sous-titre: premièee partte, n'est point dans l'édition de 1742, où la Seconde partie n'a pas été publiée. On le trouve pour la première fois dans l'édition de 1767, qui donne les deux parties.

2. Eudes de Suillj est l'orthographe de 1742. — Dans V Histoire générale de Port-Roïal (par D. Clémencet), tome I, p. 2, note i, on lit : « M. Racine, dans son Histoire abrégée de Port-Roïal, se trempe en attribuant à Eudes de Sully, évêque de Paris, la fondation de cette abbaye; il conseilla de la faire, mais il n'y contribua par aucqne donation. » Voici comment le même historien de Port-Roval rapporte les faits (tome I, p. i-3) : « Mathieu de Marli , premier du nom, cadet de la maison de Montmorenci, se disposant à partir pour l'expédition de la Terre-Sainte, laissa à Mathilde de Garlande, son épouse, une somme d'argent qu'il avoit destinée à des œuvres de piété.... Mathilde consuha sur ce sujet Eudes ou Odon de Sully, évêque de Paris, de la maison des comtes de Champagne, proche parent du roi Piiihppe-Auguste. Ce saint prélat lui conseilla de fonder un monastère de filles ; et Mathilde, pour suivre son avis, commença la fondation de celui-ci par la donation du fief de Porrois ou Pori-Roial, qu'elle acheta de Milon de Voisins.... Ce fut dans ce lieu, situé dans un vallon à six lieues de Paris, vers l'occident, qu'elle fit bâtir im monastère qui en porta le nom.... Dès le mois

de Champagne, proche parent de Phihppe-Auguste. C'est lui dont on voit la tombe en cuivre, élevée de deux pieds, à l'entrée du chœur de Notre-Dame de Paris. La fondation n'étoit que pour douze Religieuses; ainsi ce monastère ne possédoit pas de fort grands biens. Ses principaux bienfaiteurs furent les seigneurs de Montmorency et les comtes de Montfort. Ils lui firent successivement plusieurs donations, dont les plus considérables ont été confirmées par le roi saint Louis, qui donna aux Religieuses sur son domaine une rente en forme d'aumône, dont elles jouissent encore aujourd'hui : si bien qu'elles reconnoissent avec raison ce saint roi pour un de leurs fondateurs \ Le pape Honoré III accorda à cette abbaye de grands privilèges, comme, entre autres, celui d'y célébrer l'office divin, quand même tout le pays seroit en niterdit. Il permettoit aussi aux Religieuses de donner retraite à des séculières qui, étant dégoûtées du monde, et pouvant disposer de leurs personnes, voudroient se réfugier dans leur couvent pour y faire pénitence, sans néanmoins se lier par des vœux. Cette bulle est de l'année i223^, un peu après le quatrième concile général de Latran ^ .

d'août i2o4, l'église portolt le nom de Notre-Dame de Port-Roïal. Mais on ne voit pas qu'il y ait eu des Religieuses avant l'an 1208. »

1. (t La nouvelle abbaye reçut bientôt de grands accroissements par les libéralités des rois de France, des seigneurs du voisinage.... On compte parmi les bienfaiteurs..,. Louis le Jeune, saint Louis,... Jean comte de Montfort, fils d'Arnauri VI, et petit-fils de Simon le

Grand Apres les seigneurs de Maili, qui se firent un mérite de

marcher sur les traces de 3Ialhilde de Garlande, il n'y en a point eu qui aient plus signalé leur générosité que les seigneurs de Chevreuse, de Montfort, de Trie et de Dreux. » (Histoire générale de Port-Roïal, tome I, p. 5 et 6.)

2. Du 18 janvier 1228. Voyez il idem , tome I, p. 6", et Préface du Nécrologe de Port-Rojal^ p. xvii.

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