Dans le diocèse de Rouen
■igi ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE
dant que la Mère Agnès Amaulcl sa sœur\ et d'autres de ses Religieuses, alloient à Saint-Cyr*, àGomer-Fontaine', à Tard\ aux Iles d'Auxerre", et ailleurs. Toutes ces maisons regardoient l'abbesse et les Religieuses de Port- Royal comme des anges envoyés du ciel pour le rétablissement de la discipline. Plusieurs abbesses vinrent passer des années entières à Port-Royal, pour s'y instruire à loisir des saintes maximes qui s'y pratiquoient. Il y eut aussi un grand nombre d'abbayes d'hommes qui se réformèrent sur ce modèle. Ainsi l'on peut dire avec vérité que la maison de Port-Royal fut une source de bénédictions pour tout l'ordre de Cîteaux, où l'on commença de voir revivre l'esprit de saint Benoît et de saint Bernard, qui y étoit presque entièrement éteint.
De tous les monastères que je viens de nommer, il n'y en eut point où la Mère Angélique trouvât plus à travailler que dans celui de Maubuisson, dont l'abbesse*, sœur de
1. Jeanne-Catherine-Agnès de Saint-Paul (Arnauld). née le 3i décembre iSgS, niorte le 19 février 1671. Elle prit l'Iiabit à Saint-Cyr le jour de la Saint- Jean de l'année 1600, et à Port Royal le 28 janvier 161 1; elle fit profession dans cette dernière abbaye le I" mai ifii2.
2. Monastère de Bénédictines, qui remontait au septième siècle, au règne de Dagobert. Lorsque Mme de Maintenon clierchait à Saint- Cyr un lieu pour y établir la maison de Saint-Louis, on songea d'abord au monastère des Bénédictines; mais elles obtinrent qu'on respecterait une si ancienne fondation.
3. Près de Gisors, dans le grand vicariat de Pontoise, diocèse de Rouen.
4. L'abbave de Tard-sur-Oucbe était voisine de Dijon, où elle fut transférée en iGaS.
5. Notre-Dame des Isles était une abbaye de Bernardines à Auxerre.
6. Après avoir été d'abord abbesse de Bertaucourt, elle était entrée à l'abbave de Maubuisson par la faveur de Henri IV. Voyez V Histoire de (ahhaye de Port-Royal (par Jérôme Besoigne), tome I, p. 85; et \g% Relations sur la vie de la Rei'érende Mère Angélique , p. 91.
DE PORT-ROYAL. SgS
Mme Gabrielle d'Estrées, après plusieurs années d'une vie toute scandaleuse, avoit été interdite, et renfermée à Paris dans les Filles pénitentes*. A peine la Mère Angélique conunençoit à faire connoître Dieu dans cette maison, que Mme d'Estrées, s'étant échappée des Filles pénitentes, revint à Maubuisson avec une escorte de plusieurs jeunes gentilshommes, accoutumés à y venir passer leur temps; et une des portes lui en fut ouverte par une des anciennes Religieuses '^. Aussitôt le confesseur de l'abbaye*, qui étoit un moine, grand ennemi de la réforme, voulut persuader à la Mère x'\ngélique de se retirer. Il y eut même un de ces gentilshommes qui lui appuya le pistolet sur la gorge pour la faire sortir. Mais tmit cela ne Tétonnant point, TAbbesse, le confesseur, et ces jeunes gens, la prirent par force, et la mirent hors du^ couvent a\Tc les Religiejises qu'elle y avoit amenées^ et avec toutes les novices à qui elle avoit donné riiabit *. Cette troupe de Religieuses, destituée de tout secours, et ne sachant où se retirer, s'achemina en silence vers Pontoise, et en traversa tout le faubourg et une partie de la ville, les mains jointes et leur voile sur le visage, jusqu'à ce qu'enfin quelques habitants du lieu, touchés de com-
1. On l'emmena de Maubuisson le 3 février 1618. (^Histoire de Vabbaye de Port-Roynl, tome I, p. 87.)
2. « Une (les portes lui fut ouverte par Mme la Serre, l'une des anciennes Religieuses. » (^Histoire générale de Port-Roial, tome 1,