Le 9 mars i
quels étoient Messieurs d'Embrun^ et de Toulouse ^, pour examiner avec soin le livre de Jansénius, et pour en faire leur rapport dans huitaine.
Au bout de ce terme si court , le Cardinal donna à toute rassemblée un festin fort magnifique , et au sortir de table on parla des affaires de l'Eglise. L'archevêque d'Embrun, portant la parole pour tous les commissaires, fit entendre à Messeigneurs par un discours des plus éloquents, à ce que dit la relation du clergé, non pas qu'ils eussent trouvé dans Jansénius les cinq Propositions en propres termes, mais qu'à juger d'un auteur par tout le contexte de sa doctrine, on ne pouvoit pas douter qu'elles n'y fussent, et qu'ils y en avoient trouvé même de plus dangereuses; qu'au reste, il y avoit deux preuves incontestables que les cinq Propositions y étoient, et qu'il falloit s'en tenir à ces deux preuves. L'une étoit les termes mêmes de la bulle, qu'on ne pouvoit nier, à moins que d'être très-méchant grammairien, qui ne rapportassent ces propositions à Jansénius, L'autre étoit les lettres des évêques de France écrites à Sa Sainteté avant et après la Constitution, par lesquelles il paroissoit visiblement qu'ils avoient tous supposé que les cinq Propositions étoient en effet de Jansénius. Sur un tel fondement il fut arrêté, à la pluralité des voix, que l'assemblée déclaroit par un jugement définitif, que le Pape avoit condamné ces propositions comme étant de Jansénius et au sens de Jansénius , et qu'elle écriroit à Sa Sainteté et à tous les évêques de France, pour les informer de ce jugement. Quatre prélats de l'assemblée, savoir, l'archevêque de Sens, et les évêques de Cominges, de Beauvais, et de
1. Georges cVAubiisson de la Feuillade, archevêque d'F.mbruii.