Dans l'édition de 1767 : «: de la pourpre romaine
2. Les quatre célèbres articles de 1682. {Note de Pédition de 1767.)
3. Eclaircissements sur f autorité des Conciles généraux et des Papes, contre la dissertation de M. de Scltelstrate, garde de la Bibliothèque du
Fatican Ouvrage posthume de M. D., docteur de la maison et société
de Sorhonne (i vol. in-8°, Amsterdam, 171 1). Cet ouvrage fut publié alors pour la première fois par Petitpied, avec un Avertissement de l'éditeur.
J. Racine, iv 3i
pouvez vous eu fier à ma parole , je ne vis jamais de gens qui, par inclination et par incapacité, fussent plus éloignés de tout ce qui s appelle cabale. » Ce même cardinal leur avoua aussi qu il avoit auprès de lui, pendant sa disgrâce, deux théologiens réputés jansénistes, qui ne purent jamais soufifrir que, clans l'extrême liesoin où il étoit, il prît de l'argent que les Espagnols lui faisoient offrir, et qu'il se vit par là obligé à en emprunter de ses amis. Quelques-uns de ceux à qui il tint ce discours vivent encore, et ils sont dans une telle réputation de probité, que je suis bien sur qu'on ne récuseroit pas leur témoignage.
Mais pour reprendre le fil de notre narration, le miracle de la sainte épme ne fut pas la seule mortification qu'eurent alors les jésuites; car ce fut dans ce temps-là même que parurent les fameuses Lettres pro{^incia/es\ c'est-à-dire l'ouvrage qui a le plus contribué à les décrier. M. Pascal, auteur de ces Lettres , avoit fait les trois premières pendant qu'on examinoit en Sorbonne la lettre de M. Arnauld. 11 y avoit expliqué les questions sur la grâce avec tant d'art et de netteté, qu il les avoit rendues non-seulement inlellimbles , mais aj/réables à tout le monde. M. Arnauld y étoit pleinement justifié de l'erreur dont on l'accusoit, et les ennemis mêmes de Port -Royal avouoient que jamais ouvrage n'avoit été composé avec plus d'esprit et de justesse. M. Pascal se crut donc obligé d'employer ce même esprit à combattre un des plus grands abus qui se soit jamais glissé dans l'Eglise, c'est à savoir la morale relâchée de quantité de casuistes, et dont les jésuites faisoient le plus grand nombre, qui, sous prétexte d'éclaircir les cas de conscience, avoient avancé dans leurs livres une multitude
I. Les premières panireiU cii iH56, les deux dernièies en 1657.
infinie de niuxmies abominables, qui tendoieut à ruiner toute la morale de Jcsus-Chrisl.
On avoit déjà fait plusieurs écrits contre ces maximes, et ri.niversité avoit présenté plusieurs requêtes au Parlement, pour intéresser la puissance séculière à réprimer Taudace de ces nouveaux docteurs. Cela n'avoit pas néanmoins produit un fort grand effet ; car ces écrits, quoique très-solides, étant fort secs, n'avoient été lus que par très-peu de personnes. On les avoit regardes comme des traités de scolastique, dont il falloit lais-ser la connoissance aux tbéologiens; et les jésuites, par leur crédit, avoient empêché toutes les requêtes d'être répondues. Mais M. Pascal venant à traiter cette matière avec sa vivacité merveilleuse et' cet heureux agrément que Dieu lui avoit donné, fit un éclat prodigieux, et rendit bientôt ces misérables casuistes Thorreur et la risée de tous les honnêtes gens.
On peut juger de la consternation où ces lettres jetèrent les jésuites, par Taveu sincère qu'ils en font euxmêmes. Ils confessent, dans une de leurs réponses, que les exils, les emprisonnements et tous les plus affreux supplices n'approchent point de la douleur qu'ils eurent de se voir moqués et abandonnés de tout le monde : en quoi ils font connoître tout ensemble, et combien ils craignent d'être méprisés des hommes, et combien ils sont attachés à soutenir leurs méchants auteurs. En effet, pour regagner cette estime du public, à laquelle ils sont si sensibles, ils n'avoient qu à désavouer de bonne foi ces mêmes auteurs, et à remercier l'auteur des Lettres de l'ignominie salutaire qu'il leur avoit procurée. Bien loin de cela, il n'y a point d'invectives à quoi ils ne s'emportassent contre sa personne , quoi-