Dans l'édition de 1767 : « avoient fait
DE PORT-ROYAL. 5o3
brefs, exciloient son zèle à exterminer une secte si pernicieuse. G'étoient tous les jours de nouvelles accusations. On lui préseutoit des livres où Ton assuroit que, pendant les guerres de Paris, les ecclésiastiques de Port-Royal avoient oifert au duc d'Orléans de lever et d'entretenir douze mille hommes à leurs dépens, et qu'on en donueroit la preuve dés que Sa Majesté en voudroit être mformée. On eut limpudence d'avancer, dans un de ces livres, que M. de Gondrin, archevêque de Sens, qu'on appeloit l'un des apôtres du jansénisme, avoit chargé, l'épée à la main, et taillé en pièces, dans une ville de son diocèse, un régiment d'Irlandois qui étoit au service de Sa Majesté. Tous ces ouvrages se débitoient avec privilège, et les réponses où l'on couvroit de confusion de si ridicules calomniateurs étoient supprimées par autorité publique, et quelquefois même brûlées par la main du bourreau.
Quel moyen donc que la vérité pût parvenir aux oreilles du Roi? Le peu de gens qui auroient pu avoir assez de fermeté pour la lui dire, étoient ou retirés de la cour, ou décriés eux-mêmes comme jansénistes. Et qui est-ce qui auroit pu être à couvert d une pareille diffamation, puisqu'on a vu un pape, pour avoir fait écrire une lettre un peu obligeante à M. Arnauld\ diffiimé luimême publiquement comme fauteur de jansénistes".
Ainsi une des premières choses à quoi Sa Majesté se crut obligée, prenant l'administration de ses affaires après la mort du cardinal Mazarin, ce fut de délivrer son Etat de cette prétendue secte ^. Il fit donner un arrêt dans son
X. Clément X, qui fut pape de 1670 a 1676, avait adressé cette lettre à Arnauld, pour le remercier de l'envoi qu'il lui avait fait de ses ouvrages.