Les mots ijuc Von fit manquent dans l'édition de
5io ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE
pieds, comme toutes les Religieuses'. Elle se traîna, comme elle put, le long des cloîtres dont on faisoit le tour; mais en rentrant dans le chœur ^, elle tomba en foiblesse, et il fallut la reporter dans sa chambre et dans son lit, d'où elle ne se releva plus. Il lui prit une fort grande oppression, accompagnée de fièvre ; et cette oppression, qui étoit continuelle, avoit des accès si violents, qu'on croyoit à tout moment qu'elle alloit mourir : en telle sorte que, dans l'espace de deux mois, on fut obligé de lui apporter trois fois le saint viatique.
Mais la plus rude de toutes les épreuves, tant pour elle que pour toute la communauté, ce fut l'éloignement de M. Singlin et des autres confesseurs, du nombre desquels étoient M. de Sacy et M. de Sainte-Marthe^, deux des plus saints prêtres qui fussent alors dans l'Église. Il y avoit plus de vingt ans que la Mère Angélique se confessoit à M. Singlin', et l'on peut dire qu'après Dieu elle avoit mis^ en lui toute l'espérance de son salut. On peut juger combien il lui fut sensi])le d'être privée de ses lumières et de ses consolations, dans un temps où elles lui étoient si nécessaires, surtout sentant approcher l'heure de sa mort. Cependant elle supporta cette privation si douloureuse avec la même résignation que tout le reste; et voyant ses Religieuses qui s'affligeoient de n'avoir plus personne pour les conduire, et qui se regardoient comme des brebis sans pasteur : « Il ne s'agit pas, leur disoitelle, de pleurer la perte que vous avez faite en la per-
1. Dans l'édition de 1767 : a comme toutes les autres Religieuses. ï>
2. Dans la même édition : « en rentrant du cloître dans le chœur. »
3. Claude de Sainte-Marthe, mort le 11 octobre 1690, à l'âge de soixante-dix ans.
4. L'édition de 1767 donne ici : « M. de Singlin, » bien qu'elle ait, quatre lignes plus haut : a M. Singlin. »