L'édition de 17^7 a remis, au lieu de mis
DE PORT-ROYAL. 5ii
sonne de ces vertueux ecclésiastiques, mais de mettre en œuvre les saintes instructions qu'ils vous ont données. Croyez-moi, mes filles, nous avions besoin de toutes les humiliations que Dieu nous envoie. Il n'y avoit point de maison en Finance plus comblée des biens spirituels que la nôtre, ni où il y eût plus de counoissance de la vérité. Mais il eût été dangereux pour nous de demeurer plus lons^temps dans notre abondance ; et si Dieu ne nous eût abaissées, nous serions peut-être tombées. Les hommes ne savent pas pourquoi ils font les choses; mais Dieu, qui se sert d'eux, sait ce qu'il nous faut*. »
Mais tous ces sentiments, dont son cœur étoit si ' rempli, paroîtront encore mieux dans une lettre qu'elle écrivit alors à un des amis de la maison^, très-vivement touché de tout ce qui se passoit. Voici cette lettre :
« Enfin, Monsieur, Dieu nous a dépouillées de pères, de sœurs et d'enfants : son saint nom soit béni. La douleur est céans, mais la paix y est aussi dans une soumission entière à sa divine volonté. Nous sommes persuadées que cette visite est une grande miséricorde de Dieu sur nous, et qu'elle nous étoit absolument nécessaire pour nous purifier et nous disposer à faire un saint usage de ses grâces, que nous avons reçues avec tant d'abondance. Car, croyez-moi, si Dieu daigne avoir sur nous de plus grands desseins de miséricorde, la persécution ira plus
1. D. Clémencet (tome IV, p. 83 et 84) rapporte aussi ces paroles ; elles auraient été, selon lui, adressées non aux Religieuses, mais à une dame qu'il ne nomme pas.