Si est omis dans l'édition de
3. D. Clémencet (tome IV, p. 65) dit qu'elle était écrite à M, de Sévigné, « qui, depuis environ un an , avoit embrassé la pénitence. » Il en cite une partie ; son texte s'écarte par quelques légères différences de celui de Racine. M. Sainte-Beuve (Port-Royal, tome IV, p. 54 et 55) a aussi donné la lettre de la Mère Angélique à Renaud de Sévigné. Il avertit qu'il en a revu le texte sur les manuscrits.
5i2 ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE
avant. Humilions-nous de tout notre cœur pour nous rendre dignes de ces faveurs si véritables et si inconnues aux hommes. Pour vous, je vous supplie d'être le plus solitaire que vous pourrez, et de parler fort peu, surtout de nous. Ne racontez point ce qui se passe, si Ton ne vous en parle ; écoutez, et répondez le moins que vous pourrez. Souvenez -vous de cette excellente remarque de M. de Saint-Cyran, que TEvangile et la Passion de Jésus- Christ est écrite dans une très-grande simplicité et sans aucune exagération. L'orgueil, la vanité, l'amour-propre se mêlent partout; et puisque Dieu nous a unis par sa sainte charité, il faut que nous le servions dans l'humilité. Le plus grand fruit de la persécution, c'est l'humiliation; et l'humilité se conserve dans le silence. Gardons-le' donc aux pieds de Notre-Seigneur, et attendons de sa bonté notre force et notre soutien. »
C'est dans ce même esprit qu'elle répondit un jour à quelques sœurs, qui lui demandoient ce qu'elle pensoit qu'elles deviendroient toutes, et si on ne leur rendroit point leurs novices et leurs pensionnaires : « Mes filles, ne vous tourmentez point de tout cela : je ne suis pas en peine si on vous rendra vos novices et vos pensionnaires ; mais je suis en peine si l'esprit de la retraite, de la simplicité et de la pauvreté se conservera parmi vous. Pourvu que ces choses subsistent, moquez- vous de tout le reste. »
Il n'y avoit presque point de jour qu'on ne lui vînt annoncer quelque nouvelle affligeante : tantôt on lui disoit que le lieutenant civil étoit dans la clôture avec des maçons pour faire murer jusqu'aux portes par où entroient les charrois pour les nécessités du jardin et de la maison ; tantôt que ce même magistrat" faisoit, avec des archers,