Le mot pourtant manque dans l'édition de
DE PORT-ROYAL. 5i5
fort attentive, dans ces derniers jours de sa vie, à ne rien dire et à ne rien faire de trop remarquable, ni qui donnât occasion de parler d'elle avec estime après sa mort. Et sur ce qu'on lui représentoit un jour * que la Mère Marie des Anges, qu'elle estimoit, et qui étoit morte il y avoit trois ans, avoit dit, avant que de mourir, beaucoup de choses dont on se souvenoit avec édification, elle répondit brusquement : « Cette Mère étoit fort simple et fort humble, et je ne la suis pas^ »
Quelques^ cinq semaines^ avant sa mort, ses oppressions diminuèrent tout à coup% et on la crut presque hors de péril. Mais bientôt les jambes lui enflèrent, et ensuite tout le corps ; et tous ses maux se changèrent en une hydropisie qui fut jugée sans remède.
Dans ce temps-là même M. de Contes® et M. Bail, qui commençoient leur visite, étant entrés dans sa chambre, et M. de Contes lui ayant demandé comment elle se trouvoit, elle lui répondit d'un fort grand sens froid : « Comme une fille. Monsieur, qui va mourir, — Hé quoi? ma Mère, s'écria M. de Contes, vous dites cela comme une chose indifférente. La mort ne vous étonne-t-elle point? -4- — Monsieur, lui dit-elle'', je suis Aenue ici pour m'y préparer à mourir. Mais je n'y étois pas venue pour y voir tout ce que j'y vois. » M. de Contes, à ces mots , haussant les épaules sans rien répliquer : « Monsieur, lui dit la Mère, je vous entends. Voici le jour de l'homme;
I. Au lieu des mots : a un jour, » il y avait d'abord dans le manuscrit : « quelquefois. »
a. Dans l'édition de 1767 : « et moi je ne la suis pas. »