Dans la même édition : « pour ne pas approuver, u
donnoient par là au Pape une infaillibilité sans bornes. Sa Sainteté écrivit aux grands vicaires un bref extrêmement sévère, les traitant d'enfants de Bélial, mais sans dii'e un mot ni du Formulaire, ni des décisions de l'assemblée. Il les exhortoit, en termes généraux, à revenir à résipiscence, et à imiter l'obéissance des évéques et la piété du Roi; après quoi il leur donuoit sa bénédiction. Il ne fit réponse ni à l'évèque d'Angers, ni aux autres prélats qui s'étoient adressés à lui pour le consulter. 11 se contenta de faire écrire au Nonce par le cardinal Chigi ; et ce nonce avoit ordre de renvoyer tous ces évéques au bref que Sa Sainteté avoit écrit aux grands vicaires de Paris, et de leur dire de s'y conformer. Ces prélats deineurèrent fermes dans la résolution qu'ils avoient prise de ne point déférer aux décisions de l'assemblée \ Mais les grands vicaires firent un autre mandement", par lequel ils révoquoient le premier, et ordonnoient la signature pure et simple du Formulaire. En même temps ^ ils eurent ordre de le faire signer aux Religieuses de Port- Royal.
Le premier mandement avoit déjà causé beaucoup de trouble parmi ces filles , qui appréhendoient , en le signant, de blesser la vérité. Mais comme c'est cette crainte, et, si l'on veut, ce scrupule qui leur a dans la suite attiré tant de persécutions, et qui a, en quelque sorte, causé la rume de leur maison, il est bon de dire ici d'où venoit en elles une si grande délicatesse de con-
1 . Il y avait d'abord dans le manuscrit : « de ne point faire signer le Formulaire, s
2. Ce second inaudemeiit est du 3i octobre ififii. Il a pour litre : Mandement de MM. les vicaires généraux de Monseigneur l'Eminenlisslnie Cardinal de Retz, Archevêque de Paris , pour la signature des deux Constitutions de nos SS. Pères les papes Innocent X et Alexandre VII, en usant de la formule y apposée.