‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 247 sur 306 · Dans la même édition : « ils supplicient · texte numérisé non relu

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DE PORT-ROYAL. 54 r

qui troubloient depuis si longtemps l'Eglise; qu'ils n'avoient jamais eu la moindre pensée de blesser en rien l'autorité du Saint-Siège, pour lequel ils avoient toujours eu et auroient toute leur vie un entier dévouement ; que bien loin de s'opposer aux deux dernières Constitutions, ils étoient prêts à y déférer avec tout le respect et toute la soumission^ que demandoit Sa Majesté et la souveraine autorité du Saint-Siège apostolique; enfin, que si Sa Sainteté vouloit encore exiger d'eux une plus grande preuve de la sincérité avec laquelle ils adhéroient à la foi établie par ces Constitutions, ils cousentoient de la lui donner. Les principaux défenseurs de Jansénius avoient eu assez de peine à souscrire à ce dernier article ', qui mettoit le Pape en droit, pour ainsi dire, de leur imposer telle loi qu'il voudroit. Cependant l'évêque de Cominges ne laissa pas d'envoyer cet écrit à Sa Sainteté^, avec une lettre très-respectueuse qu'il lui écrivoit sur ce sujet. Il y avoit apparence que cela seroit agréablement reçu * à Rome.

En effet, que pouvoit-on exiger de plus précis des défenseurs de Jansénius, qu'une explication si orthodoxe de leur doctrine, et une soumission si sincère aux Constitutions du Saint-Siège? Il arriva néanmoins tout le contraire de ce qu'on espéroit; car dans ce temps-là même^ le P. Ferrier ayant aussi envoyé à Rome une

1. Dans l'édition de 1767 : « d'y déférer avec tout le respect et la soumission. »

2. Arnauld, malgré les instances de ses amis, refusa d'y souscrire.

3. Boileau avait d'abord écrit : « au Pape; » deux lignes plus loin : ff celte demande, j au lieu de : i cela; » et encore à la quatrième ligne de l'alinéa suivant : a du Pape, » qu'il a remplacé ensuite par : a du Saint-Siège. »

4. Dans l'édition de 1767 : « seroit reçu très-agréablement. »

5. Boileau avait mis d'abord : a car dans le temps que cet écrit fut porté à Rome, j

relation fausse et très-odieuse Me tout ce qui s'étoit passé dans les conférences, le Pape, prévenu contre l'évêque de Gominges, qu'il regardoit comme un des chefs du jansénisme, ci'ut que toutes ces soumissions n'avoient en effet rien de sincère. Au lieu donc de faire réponse à ce prélat, il se contenta d'écrire un bref aux évêques de France en général, où, sans leur parler du Formulaire', il les louoit fort de leur zèle à faire exécuter en France les Constitutions du Saint-Siège, reconnoissant que c'étoit parleurs soins et par^ leur bonne conduite que les principaux d'entre les jansénistes, revenus enfin à une plus saine doctrine, a voient tout nouvellement offert de se soumettre à tout ce que le Saint-Siège voudroit leur prescrire. Il les exhortolt donc à poursuivre un ouvrage si bien commencé, et à chercher les moyens les plus propres pour obliger les fidèles à exécuter de bonne foi les deux dernières Constitutions.

L'évêque de Cominges fut fort piqué du mépris que le Pape lui avoit témoigné en ne daignant pas lui faire réponse. Pour justifier donc et sa conduite dans toute cette affaire et le procédé des défenseurs de Jansénius, il apporta au Roi un nouvel acte signé d'eux, qui contenoit des protestations encore plus humbles et plus soumises que celles qu'ils avoient envoyées au Pape ; car ils déclaroient par cet acte qu'ils condamnoient sincèrement les cinq Propositions, et qu'ils ne les soutiendroient jamais, sous prétexte de quelque sens et de quelque interprétation que ce fût*; qu'ils n'avoient point d'autres

I. Au lieu de : a: fausse et très-odieuse, » Boileau avait écrit d'abord : « fort odieuse. » Deux lignes plus loin, il y a devant chefs l'adjectif principaux , effacé.

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