‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 286 sur 306 · Dans le manuscrit, dits, avec accord · texte numérisé non relu

Dans le manuscrit, dits, avec accord

8. Racine avait écrit, après les mots sur celte miitière : a et citoit même de

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de ce zèle indiscret et lui en avoient fait des réprimandes publiques*. C'en fut assez pour aigrir cet esprit hautain. Elle conçut dès lors- un dessein secret de s'en venger, et se jeta entièrement dans le parti de M. Chamillard.

Toutes celles qui avoient signé furent aussitôt admises aux sacrements et élevées aux premières charges de la maison ''. La sœur Flavie fut faite sous-prieure ; et elle se servit aussitôt de son autorité pour achever d'accabler ses sœurs. Ce fut par son conseil qu'on enleva encore cinq ou six Religieuses qu'elle fît passer pour les plus dangereuses de celles qui restoienf*. Et enfin" Dieu l'abandonna à ce point d'aveuglement qu'elle travailla à décrier de tout son pouvoir et la conduite de ces mêmes Mères qui avoient eu pour elle tant de charité, et la mémoire de ces mêmes directeurs® qu'elle avoit autrefois invoques, contre qui elle fournit alors des instructions toutes pleines de faussetés , donnant par là une preuve invincible ou qu'elle avoit fait autrefois un mensonge aboniinalde en se disant guérie par leur

prétendues révélations, on elle assuroit que l'évèque d'Ypies lui étoit apparu en personne. » C'est Boileau qui a refait ce passage.

1 . Racine avait écrit : « Les autres Mères, bien loin de lui savoir gré de ce zèle incommode, lui en avoient fait des réprimandes pul)liques , et s'apercevant, quoiqu'un peu tard, de la légèreté de son esprit, l'avoient entièrement éloignée de leur confiance. » Puis il avait ainsi corrigé la fin de la phrase : « avoient beaucoup perdu de la considération qu'on avoit pour elle. » Boieau a fait les changements qui ont passé dans notre texte.

2. Première rédaction de Racine : << ce refroidissement la mortifia au dernier point, et elle conçut dès lors »

3. Avant d'avoir été retouché par Boileau, ce passage était ainsi rédigé : a Ce fut elle qui dressa la liste des Mères qui furent enlevées et qui la donna a M. Chamillard, dont elle avoit entièrement gagné la confiance. Depuis cela, elle travailla de concert avec ce docteur à engager dans la signature celles des Religieuses qu'elle voyoit les plus chancelantes et les plus combattues de scrupules. Il y en eut jusqu'au nombre de sept ou huit qui se laissèrent ainsi gagner et qui étoient aussitôt admises aux sacrements, et élevées dans les charges de la maison. » On trouve aussi au même endroit plusieurs phrases commencées, puis abandonnées, mais qui ont été reprises un peu plus bas, avec de légères modifications.

4. Avant les corrections de Boileau, il y avait : o La sœur Flavie eut pour elle la qualité de sous-prieure, dont elle se servit pour appesantir d'autant plus le joug où elle avoit contribué à réduire celles qui n'étoient pas dans ses sentiments. Elle fut cause même qu'on en enleva encore cinq ou six autres, qu'elle dépeignit à Monsieur l'Archevêque comme les plus dangereuses de celles qui restoient. »

5. Après les mots : « Et enfin, d Racine avait d'abord rais ceux-ci, tirés du Psaume xli, verset 8 : « comme un abîme en attire un autre. »

6. Après ces mots, ce passage finissait ainsi : a à qui elle avoit attribué tint de guérisons miraculeuses, contre qui elle donna des mémoires tout pleins de faussetés et de calomnies. » Tout ce qui a été changé et ajouté est de Boileau.

!j84 ABUÉGÉ de L'HISTOIRE DE PORT-ROYAE.

intercession, ou qu'elle commettoit alors un crime hoirible en flétrissant ceux par l'intercession desquels elle avoit été guérie.

Variante IV (voyez p. ôCi, note 2.)

Ce sens froid et cette réponse lui causèrent une telle émotion qu'il lui prit dans le parloir même une espèce d'hémorragie, en telle sorte qu'en fort peu de temps ' il remplit de sang jusqu'à trois serviettes qui lui furent passées l'une sur l'autre. Les Religieuses étoient plus mortes que vives de le voir en cet état ; et même il y en eut une, nommée sœur Jeanne, qui mourut peu de jours après de l'agitation que toute cette affaire lui avoit causée. Monsieur rArchevêque ne tarda guère à leur donner de nouvelles marques de son ressentiment. Dès l'après-dînée du jour dont nous parlons, il fit ôter le voile à toutes les novices qui restoient dans la maison, et les fît mettre à la porte. Il déposséda toutes les officières nommées par l'Abbesse, et substitua en leur place d'autres Religieuses qui avoient commencé à se laisser gagner par M. Chamillard, et quelques jours après en fit encore enlever cinq ou six, qu'il jugeoit les plus capables* d'avoir eu part à la composition des procès- verbaux.

De toutes les afflictions qui arrivèrent alors aux Religieuses il n'y en eut point qu'elles ressentirent plus vivement que celle de l'affoiblissement ' de six ou sept de leurs sœurs, qui s'étant, comme je viens de dire, laissé gagner par M. Chamillard, rompirent cette parfaite union de cœur et d'esprit que Dieu avoit entretenue depuis tant d'années dans Port-Royal. Mais celle dont la défection les surprit le plus, ce fut une sœur Fia vie qui jusqu'alors avoit paru la plus opposée à tout ce qui s'appeloit signature. Elle avoit été autrefois Religieuse, et ayant demandé d'entrer à Port-Royal, elle y avoit été reçue avec une extrême charité, et même elle avoit été honorée de plusieurs emplois considérables dans la maison. C'étoit une fille qui prétendoit avoir été souvent guérie miraculeusement de diverses incommodités*, tantôt par l'intercession de M. de Saint-Cyran, tantôt par celle de M. le Maître ou de la Mère Angélique. Elle prétendoit tout de même avoir de temps en temps des révélations. Et dans toute» ces révélations [Dieu] lui défendoit toujours de signer le Formulaire. PUle en vint jusque-là que de t^ou^er mauvais même qu'on se soumît

i. Première rédaction : c< que dans le parloir même. »

2. Il y avait d'abord dans le manuscrit : « les plus considérables de cette....»

3. a De l'affoiblissement » a été sulistilué à « du changement. »

4. Il y avait d'abord : a qui prétendoit que Dieu avoit fait pinsienr'î luirarles iU sa faveur. >i

COMPLÉMENT DES VARIANTES. 58j

pour le droit et qu'on signât sans restriction '. Et elle en fit tant que les Mères, reconnoissant quelque légèreté dans son esprit, l'avoienl peu à peu éloignée de leur confiance. Elle s'aperçut bientôt de ce refroidissement, et ce fut une des principales raisons qui la portèrent à se tourner du côté de M. Chamiliard. Et plût à Dieu qu'elle se fût contentée de signer! Mais comme un aliîme en attire un autre*, elle fut la première à persécuter ses sœurs, et en vint jusqu'à se rendre leur dénonciatrice et à donner des mémoires contre ses Mères, leur reprocliant entre autres de certaines dévotions qui au fond étoient très-innocentes et dont la plupart avoient été inspirées aux sœurs par cette même sœur Flavie.

Varimite V (voyez j). r")68, note 2).

Nous avons déjà vu que le Pape n'avoit jamais approuvé que les évêques s'ingérassent de faire des formules de foi et d'en exiger la souscription, et que quelque satisfaction qu'il eût témoignée du grand zèle avec lequel les assemblées du clergé s'étoient empressées à faire exécuter sa Constitution et celle de son prédécesseur, il s'étoit bien gardé dans tous les brefs qu'il leur avcit écrits^ de leur dire un seul mot de leur formulaire. Ce fut donc pour lui un fort grand sujet de joie que ce formulaire eût été regardé comme inutile, et qu'on eût été enfin obligé de lui en demander un. Il l'envoya tel qu'on le vouloit, et tout semblable à celui des évêques, excepté qu'il y avoit ajouté un serment pour en rendre la signature plus autbentique. Voici comme étoit conçu ce formulaire : « Je me soumets à la Constitution apostolique d'Innocent X""", souverain pontife, donnée le 3i mai i653*, et à celle d'Alexandre VII'"°'% son successeur, donnée le 16 octobre i656. Et je rejette et condamne sincèrement les cinq Propositions extraites du livre de C. Jansénius intitulé y4ugustirms, dans le propre sens du même auteur, comme le Siège apostolique les a condamnées par les mêmes Constitutions. Je le jure ainsi : ainsi Dieu me soit en aide et ses saints Évangiles*. » Du reste le bref qui contenoit ce formulaire" comprenoit généralement tous les archevêques et évêques, tous les ecclésiastiques, tant réguliers que séculiers, les Religieuses, les régents et les maîtres d'école, et en ordonnoit dans trois mois la

1. Racine avait d'al)Ord écrit : <' de trouver mauvais même qu'on signât le droit sans restriction. »

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