Racine, par d'straction, a écrit i6.ïf
't. Nous avons déjà cité ce formulaire à la note 2 de la pa^e 5fi8.
G. Il y avait d'ahord : «qui urdonnoil la sonscripthin de ce formulaire. »
58fi ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE DE PORT-ROYAL.
souscription sous les peines portées par les Constitutions canoniques et par les décrets des conciles. Lorsque ce bref fut arrivé, on s'avisa tout à coup qu il seroit inutile, à cause que le Parlement n'enregistre point ces sortes d'expéditions qui ne sont point plombées, et ne reconnoît que les bulles *. Il fallut donc le renvoyer à Rome, où il fut aussitôt réformé et changé en une bulle, qui fut datée du i5 février ififiS.
Variante VI (voyez p. 566, note 9).
Le Roi fit donc prier le Pape par son ambassadeur d'envoyer en France un formulaire qui contint également le fait et le droit comme celui de [l'assemblée du] clergé, et d'ordonner contre tous ceux qui refuseroient de le signer les mêmes peines qui sont décernées par les canons contre les hérétiques. J'ai déjà dit que le Pape n'avoit jamais approuvé que les évèques s'ingérassent de dresser des formules de foi ui d'en exiger la souscription, et que dans tous les brefs qu'il avoit écrits aux assemblées du clergé, quelque satisfaction qu'il y témoignât de leur grand zèle à faire exécuter sa Constitution et celle de son prédécesseur, il s'étoit bien gardé de leur dire un mot de leur formulaire. Ce fut donc pour lui un très-grand sujet de joie de voir rejeter comme inutile cette pièce, qui avoit occupé tant d'assemblées, et qu'on fût enfin obligé d'avoir recours au Saint-Sicge, à qui seul il prétendoit qu'étoit réservé de pouvoir exiger de pareilles souscriptions. Mais la cour de Rome ne pouvoit surtout se lasser d'admirer qu'après tout l'éclat qu'on venolt de faire en France contre l'infaillibilité du Pape, mêmedans les choses de foi, après les défenses sévères qu'on y avoit faites d'enseigner sur cela d'autre doctrine que celle qui étoit contenue dans les articles de la Sorbonne qui avoient été enregistrés dans tous les parlements et dans toutes les universités du royaume, on en fût venu tout à coup à supplier le Pape d'obliger, sous peine d'hérésie, tous les évêques et tous les ecclésiastiques du royaume, tant séculiers que réguliers, même les Religieuses et les maîtres d'école, à le reconnoitre infaillible dans les faits même non révélés. Le Pape envoya fort vite un bref où étoit attaché le formulaire qu'on lui demandolt, et il le fît tout conforme à celui du clergé, excepté que pour en rendre la souscription plus authentique, il y ajouta un serment par lequel tous ceux qui signoient prenoient Dieu et les Évangiles à témoins de la sincérité de leur signature. Le bref étant arrivé, on s'avisa qu'on n'en pouvoit faire aucun usage, le Par-
I. Après les mots : ot qu'il seroit inutile, » il y avait d'abord : <c à moins qu'il ne fût changé en une bulle, le Parlement ne reoonnoissant d'autres expéditions de Rome que celles qui sont plombées. »
COMPLÉME^^T DES VARIANTES. 58:
lement, où on le vouloit faire enregistrer, ne reconnoissant d'autres expéditions de Rome que ce qu'on appelle des Constitutions plombées. On renvoya donc le bref au Pape, qui le réforma sur-le-champ et le convertit en une bulle.
lie Roi la porta en personne au Parlement, avec' une déclaration plus forte encoi'e que la bulle même*. On v défendoit à ceux qui signoicnt de se servir d'aucune restriction, ni explication , sous les mêmes peines que s'ils refusoient absolument de signer. Mais cette défense' n'eut pas tout le succès que le P. Annat s'éloit imaginé. Il n'y eut presque point de diocèses où ces sortes d'explications ne fussent reçues*. Plusieurs jirélats, pour ne point gêner les consciences'', déclarèrent de bouche à leurs ecclésiastiques que l'Eglise n'exigeant point la créance des faits non révélés, on ne s'obligeoit point aussi à cette créance par la signature®. Il y en eut même un assez grand nombre qui firent cette déclaration par écrit, et qui l'insérèrent dans des procès-verbaux qui demeuroient dans leurs greffes. Et enfin ^ il y en eut quatre qui la firent publiquement* dans leurs mandements. Ces quatre étoient les évêques d'Aleth, d'Angers, de Beauvais et de Pamiers, c'est-à-dire ce qu'il y avoit alors de plus considérable dans l'Eglise de France par la piété^. L'évêque de Noyon fit aussi la même chose que ces quatre évêques. Nous verrons dans la suite l'effet que produisirent ces mandements. L'archevêque de Paris ne fut ])as peu embarrassé sur la manière dont il tourneroit le sien. Il avoit trop
1. Première rédaction : « et y fit enregistrer cette bulle avec... » 1. Racine avait d'abord écrit après les mots la huile màne : a On y oliligeoil les évèqiies à signer dans trois mois.... »
3. Tout ce passage était d'abord ainsi rédigé : a Le Roi la porta lui-même au Parlement, avec une déclaration qu'il y avoit jointe, et qui étoit la plus forte qu'on se puisse imaginer. On y cnchérissoit beaucoup sur la l)ulle. Nonseulement tous les évêques et ecclésiastiques étoient obligés de signer trois mois.... » Après quelques corrections, qui ont passé presque toutes dans le texte de la variante telle que nous la donnons, cette première rédaction iinissait ainsi : a et on y défendoit à ceux qui signoient toute sorte de restriction et de distinction du fait et du droit, sous les mêmes peines qui étoient portées contre ceux qui refuseroient absolument de signer. Cette précaution.... »
4. Il y avait d'abord : « où la distinction du fait et du droit ne fût reçue. »
5. Les mots : a pour ne point gêner les consciences, » sont ajoutés en interligne.
6. Ces deux derniers membres de phrase ont été sujjstitués à ces mots : <' qu'ils ne prétendoient point les obliger à la créance du fait. »
7. «Et enfin» est ajouté en interligne, de même que, deux lignes plus haut, assez, et, trois lignes plus bas, alors.