I. Le texte du Bréviaire porte le feu, et non i\:ttiait
io4 POÉSIES DIVERSES.
Laudes, dans celle de la sixième ferle à Vêpres, les passages qui avaient paru de mauvais aloi ne sont pas désignés; il nous a semblé qu'il fallait des veux assez subtils pour les découvrir. Où Racine avait donné le plus de prise aux censeurs qui avaient tant de bonne volonté pour y regarder de près , et pour interpréter dans le plus mauvais sens , c'est assurément dans ce vers de l'hymne du mardi à Matines :
Répands sur nous le feu de ta grâce invincible ;
aussi ne le trouve-t-on plus dans le texte de Louis Racine. Il a été remplacé par celui-ci :
Répands sur nous le feu de ta grâce puissante ;
ce qui a nécessité quelques changements dans le reste de la strophe. Il serait difficile de s'expliquer que Louis Racine n'eût jamais connu le texte de la sentence, ne fût-ce que par la réfutation qu'en fit Arnauld, et qu'il n'eût pas su que le fameux vers y avait été noté ; et quand on supposerait qu'il l'eût ignoré, il ne lui était pas difficile de remarquer que les gens soupçonneux pouvaient bien trouver là un peu de jansénisme. Une variante de la nature de celle qu'il a donnée peut donc lui être attribuée à lui-même avec vraisemblance, et ne suffit nullement pour nous faire croire qu'il ait connu un autre texte que celui de le Tourneux.
Quoiqu'une accusation d'hérésie portée contre des vers de Racine ne nous laisse pas indifférent, nous ne devons, dans une affaire de théologie, être ici que rapporteur. Mais nous ne sortirons pas de ce rôle ni de celui d'historien , si nous rappelons que la sentence de l'official , les moyens exposés par le promoteur, et une requête qu'il présenta le 3 mai 1688 pour les expliquer et les justifier, causèrent un étonnement assez général , et nous pouvons ajouter, beaucoup de scandale. M. Sainte-Beuve cite* celte phrase d'une lettre qu'écrivait le 26 avril 1688 à Bossuet, l'archevêque de Reims le Tellier, ancien condisciple , il est vrai, de M. le Tourneux, et toujours fidèle à ses sentiments d'affection pour lui : « Il f;uit on vérité que Monsieur de Paris ait l'esprit de vertige. » Il nous indique aussi ^ un passage des Mémoires de du Fossé, où il est dit que jamais ordonnance ne fit plus