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HYMKES DU BRÉVIAIRE ROMAIN. ïo5

de bruit dans Paris; et que le prélat convaincu lui-même que la passion des envieux avait eu la plus grande part à cette affaire , ne put refuser à son libraire la permission qu'il lui demanda de vendre le Bréviaire de le Tourneux. Arnauld prit fait et cause pour le livre condamné. Il écrivit un volume qui a pour titre : « Défense des versions de r Ecriture sainte, des offices de U Eglise, et des ouvrages des Pères, et en particulier de la nouvelle traduction du Bréviaire, contre la sentence de rOfftcial de Paris du lo. avril 1688. Avec V Avocat du public contre la Requête du Promoteur du iii mai. A Cologne, chez Nicolas Schouten, 16S8. » Il s'y fît fort de prouver « qu'il n'y eut jamais de sentence ecclésiastique plus indigne du tribunal de l'Eglise , et plus pleine de nullités et d'erreurs intolérables ' . » Passons sur tout ce qui, dans cette polémique, n'a pas un rapport direct avec nos hymnes. Arrivant à ce qu'il appelle la sixième et la septième cbicanerie, qui consistent, la sixième, en cette critique, « qu'en traduisant deux hymues on a mis dans l'une la grâce invincible , et dans l'autre la force invincible de la grâce ^ s et la septième, en celle-ci, a qu'on a affecté.... de faire entrer partout la grâce efficace par des traductions fausses ou forcées, » Arnauld rapproche de la grâce invincible des deux hymnes cette phrase de saint Augustin dans le Livre de la Correction et de la Grâce : a Subventum est igitur infirmitati voluntatis « humanse ut divina gratia indeclinabiliter et insuperabiltter ageretur, c cap. XII; » et, ce qui était assez piquant, la traduction qu'un jésuite, le P. Simon le Bossu, avait donnée du Dignare proniptus ingeri Nostro refusas pectori dans l'hymne du dimanche à Tierce : « Entrez et régnez au fond de nos cœurs par votre force également invincible et charmante. »

Ou se rappelle que le promoteur, dans ses moyens , avait signalé l'hymne du dimanche à Matines , celles de la férié seconde et de la férié quatrième à Laudes, celle de la sixième férié à Vêpres, celle du temps pascal, celle du jour de la Tiinité à Matines, comme suspectes par l'affectation avec laquelle on y avait fait entrer la grâce efficace. « Je les viens de voir, dit Arnauld^ ; et je ne puis dire combien j'ai été surpris d'une si effroyable hardiesse. Car bien loin qu'on ait affecté de fourrer dans toutes ces hymnes la grâce efficace , il n'y en a que deux où le mot de grâce se trouve , celle de Laudes au temps de

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