I. Page 18. — 2. Pages 227 et
io6 POESIES DIVERSES.
Pâques — et celle de la Trinité à Matines, s Arnauld oubliait seule ~ ment la sixième férié à Vêpres où se lisent ces deux vers :
Seigneur, qu'ainsi ta grâce à nos vœux accordée Règne dans notre cœur ;
mais l'on cherche en vain sous quel prétexte deux autres hvmnes de Racine, celles de la seconde et de la quatrième férié à Laudes, se sont trouvées englobées dans la singulière accusation du promoteur.
Nous trouvons dans le livre d'Arnauld quelques détails sur la publication de la sentence : « Il faut , dit-il , que le lecteur sache de quelle manière cette sentence a été reçue dans la ville de Paris. La précipitation de la publier fut si extraordinaire, qu'on ne voulut pas attendre que les fidèles, appliqués à solenniser la plus grande fête de l'année, l'eussent passée en repos et dans une dévotion tranquille. On ne se soucia pas de les troubler par une nouveauté si peu attendue; et on obligea tous les curés de Paris d'interrompre le service divin le propre jour de Pâques, par une scandaleuse publication'.... La clameur du public contre cette injuste sentence est un grand préjugé ; car il est certain qu'il en a été indigné, et que rien n'a pu le retenir de faire éclater son indignation*. »
Racine, qu'avait atteint, pour sa petite part, une condamnation si solennelle et si bruvante, pouvait se consoler en disant comme Boileau :
Âmauld, le grand Arnauld fit mon apologie.
Sa conscience ne fut sans doute pas très-effrayée du reproche de fourrer partout la grâce, puisque cette même année 1688, composant Estlier^ il mit le nom, presque proscrit, de la grâce comme au frontispice de cette tragédie, commandée et protégée par le Roi, et prit soin de le faire entendre dès le second vers de son Prologue :
Je descends dans ce lieu, par la Grâce habité.
Ce qui aurait suffi , ce nous semble , pour rassurer , au besoin, ses scrupules, c'étaient les paroles mèuiesdu promoteur, dans sa Requête du 3 mai, paroles qui paraissaient trahir un grand embarras. Ar-