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Créqui prétend qu'Oreste est un pauvre homme Qui soutient mal le rang d'ambassadeur ; Et Créqui de ce rang connoît bien la splendeur : Si quelqu'un l'entend mieux, je Tirai dire à Rome*.
I . Le duc de Créqui , ambassadeur extraordinaire à Rome, avait été forcé de quitter cette ville, à la suite de l'outrage qu'il y avait reçu le 2 août 1662. La garde corse avait tiré sur le palais Farnèse, où logeait le duc, et sur le carrosse de l'ambassadrice. On accusait Créqui d'avoir provoqué par ses hauteurs l'affront fait à la splendeur de son rang, et que Louis XIV dut venger.
i8o POÉSIES DIVERSES.
SUE -L IPHIGÉyiE DE LE CLERC.
Dans les éditions de 1728 et de lySô, on donne à cette épigramnie la date de 1671. C'est une erreur évidente, qui sans doute a été d'aboi'ci le fait d'un imprimeur. IJlpIn^énie de le Clerc fut jouée en tout cinq fois, depuis le 24 mai jusqu'au 9 juin i6"5', et imprimée en 1676. Dans sa préface, le Clerc, loin de désavouer la pièce, comme le suppose Racine, prétendit que la part qu'y avait eue Coras se réduisait à « une centaine de vers épars çà et là : » ce qui pourrait faire penser que l'épigramme a été faite en 1673, avant la publication de cette préface; mais s'il en était autrement, et si volontairement Racine n'a pas été un historien exact du différend qui s'éleva entre les deux poètes, la plaisanterie n'en est pas moins excellente. Cette épigramme est une de celles que Louis Racine dans ses Mémoires^ reconnaît pour être de son père, une aussi de celles que nous trouvons le plus anciennement imj)rimées. Furetière la cite dans son Second Factum (édition in-4° de i685 , p. 8; mais il y dit qu'on l'attribue à la Fontaine. Elle a été donnée aussi, du vivant de Racine, dans l'édition de ses OEinres publiée à Amsterdam en 1690- 1692, dans le Mcuaglana (1693), dans \e Recueil des plus belles épigrammes des poêles français (1698). Toutes ces publications contemporaines s'accordent sur l'attribution à Racine. Si les éditeurs du Mena glana de 171 5 ont dit «c qu'elle est attribuée par quelques-uns à Racine, et par d'autres à la Fontaine, » c'est qu'ils avaient sous les yeux le Second Factum de F'uretière. Le Menagiana dit que cette épigramme « est en bon marot. j II ajoute : « Voilà le cas où Its épigrammes sans pointes sont excellentes , lorsque le sens en est beau, plein, et qu'il décrit une chose naïvement comme celle-ci,
1. Voyez V Histoire du Théâtre français des frères Parfait, qui donnent l'épigraniuie aux pages 4i4 et ^iS du tome XI, publié en 1747.