‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 83 sur 306 · SUR L ASSEMBLEE DES EVEQTJES, CONVOQUEE A PARIS PAR ORDRE DU ROI · texte numérisé non relu

SUR L ASSEMBLEE DES EVEQTJES, CONVOQUEE A PARIS PAR ORDRE DU ROI

Les éditeurs des OEuvres de Racine qui ont donné cette épigramme n'ont pas dit quelle est celle des assemblées du clergé réunies sous ce règne à l'occasion de laquelle elle a été faite. Mais elle ne nous paraît pouvoir conA-enir qu'à celle de 1681 : tout s'y rapporte dans les circonstances que rappelle l'épigramme, excepté toutefois le nombre des prélats, qui se trouva de quarante-deux, et non de cinquante-deux ; et même si l'on suppose qu'un de ces nombres a été mis pour l'autre par une faute de copie, supposition qu'il serait facile d'admettre, l'exactitude du poëte ne serait pas encore complète ; car il y eut quarante-deux archevêques ou évêques à cette assemblée, en y comprenant l'archevêque de Paris, qui la présidait, tandis que, d'après l'épigramme, ce serait sans compter cet archevêque ; mais , dans une épigramme , on n'est pas tenu à la rigoureuse exactitude d'un procès- verbal. Une information incomplète, ou simplement le besoin du vers, suffirait à expliquer l'à-peu-près. Il n'y a d'ailleurs que cette petite difficulté ; tout le reste est d'accord. On peut voir dans la Gazette de 1681 qu'au moment de la réuuion des prélats le Roi était à Saint-Germain. La même Gazette^ sous la date du 29 mars 1681, annonce ainsi cette assemblée : a Le 19 de ce mois, les prélats qui se trouvent en cette ville pour la poursuite des affaires de leurs diocèses s'assemblèrent dans le palais archiépiscopal, convoqués, avec la permission du Roi , par les agents généraux du clergé de France. L'assemblée étoit composée de sept archevêques et de trente-cinq évêques. » Le procès-verbal de l'assemblée donne la liste des quarante-deux prélats. On y lit : « L'an 1 681, le mercredi 19' mars, Messeigneurs les archevêques et évêques qui étoient à Paris pour les affaires de leurs diocèses, ayant été convoqués,... se sont rendus sur les deux heures de relevée chez Monseigneur l'Illustrissime et Révérendissime Messire François de

Harlay, archevêque de Paris. » Quarante et un prélats qui se trouvaient à la fois à Paris pour les affaires de leurs diocèses! Il y avait de quoi justifier les plaisanteries sur une telle manière de comprendre l'obligation de la résidence. L'épigramme paraît authentique : les éditeurs de 1807 nous apprennent qu'ils en ont trouvé le texte, un peu différent de celui qui était connu, dans les notes manuscrites de Jean-Baptiste Racine ; il doit résulter de là qu'il la tenait pour être de son père. Elle est une des premières qui aient été insérées dans les OEuvres de Racine; on la trouve dans les éditions de 1728, de 1786 et de 1750.

Un ordre, hier venu de Saint-Germain,

Veut qu'on s'assemble. On s'assemble demain.

Notre archevêque, et cinquante-deux autres

Successeurs des apôtres S'y trouveront. Or de savoir quel cas 5

S'y doit traiter, c'est encore un mystère : C'est seulement une chose très-claire Que nous avions cinquante-deux prélats

Qui ne résidoient pas *.

I . Les quatre derniers vers se lisent ainsi dans toutes les éditions des OEuvres de Racine, depuis celle de 1728 jusqu'aux plus récentes :

S'y traitera , c'est encore un mystère :

C'est seulement chose très-claire Que nous avons cinquante- deux prélats Qui ne résident pas.

N'exceptons pas l'édition de 1760, dans laquelle, au dernier vers, qui ne résidèrent pas est une simple faute d'impression. Nous avons suivi de préférence la leçon donnée en note par les éditeurs de 1807, comme trouvée dans les manuscrits de Jean-Baptiste Racine.

i88 POÉSIES DIVERSES.

SDR LE GERMAMCUS DE PRADON.

La tragédie de Germanicus ne fut pas imprimée. Les frères Parfait [Histoire du Tliédtre français), tome XIII, p. 89 1, disent qu'elle fut représentée pour la première fois le mercredi 22 décembre 1604, et qu'elle n'alla pas au delà de la sixième représentation, qui fut donnée le mercredi 5 janvier ifigS. L'épigramme est probablement de 1^94- On n'en peut guère mettre en doute l'autbenticité, parce qu'elle est une de celles qui ont trouvé le plus anciennement place dans les éditions des OEuvres de Racine. Elle est dans l'édition de 1728 (Paris), dans celle de 1736 (Paris) et dans celle de 1730 (Amsterdam) ; les frères Parfait l'ont aussi donnée dans leur tome XIII, qui est de 1748.

Que je plains le destin du grand Germanicus î

Quel fut le prix de ses rares vertus?

Persécuté par le cruel Tibère,

Empoisonné par le traître Pison, Il ne lui rcstoit' plus, pour dernière misère, 5

Que d'être chanté par Pradon.

I. Dans V Histoire du Théâtre français, il y a manquait , au lieu de restait. — A part cette variante, le texte de l'épigramme est partout le même, excepté dans l'édition de 1760, dont la leçon très-différente mérite d'être reproduite :

Sous quel astre fatal naquit Germanicus? Après tant d'ennemis vaincus, Persécuté par le cruel Tibère, Empoisonné par le traître Pison, H ne lui restoit plus, pour disgrâce dernière. Que d'être clianté par Pradon.

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