‹ Œuvres;Chapitre 175 sur 422 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Je suis tout réjoui de voir cette jeunesse. Savez-vous que j'étois un compère autrefois? On a parlé de nous.

ISABELLE

Ah ! Monsieur, je vous crois.

DANDIN

Dis-nous : à qui veux- tu faire perdre la cause? 845

ISABELLE

A personne.

DANDIN

Pour toi je ferai toute chose.

Parle donc.

ISABELLE

Je vous ai trop d'obligation.

DANDIN

N'avez-vous jamais vu donner la question *?

ISABELLE

Non ; et ne le verrai , que je crois , de ma vie.

DANDIN

Venez, je vous en veux faire passer l'envie. 8 5o

ISABELLE

Hé ! Monsieur, peut-on voir souffrir des malheureux?

DANDIN

Bon ! Gela fait toujours passer une heure ou deux.

CHICANNEAU.

Monsieur, je viens ici pour vous dire....

LÉANDRE

Mon père,

I . a Belastre ne laissoit pas d'employer ses soins à faire la cour à CoUantine

et à lui conter des fleurettes aussi douces que des chardons Il lui faisoit

bailler place commode dans les lieux publics, pour voir les pendus et les roués qu'il faisoit exécuter. » [le Roman bourgeois, p. 533.) On se rappelle dans le Malade imaginaire (postérieur de quatre années aux Plaideurs] Thomas Diafoirus disant à Angélique (acte II, scène vi) : « Je vous invite à venir voir, l'un de ces jours, pour vous divertir, la dissection d'une femme. »

LES PLAIDEURS

Je vous vais en deux mots dire toute l'affaire :

C'est pour un mariage. Et vous saurez d'abord 8 5 5

Qu'il ne tient plus qu'à vous , et que tout est d'accord.

La fille le veut bien ; son amant le respire ;

Ce que la fille veut, le père le désire.

C'est à vous de juger.

D AND IN , se rasseyant.

Mariez au plus tôt :

Dès demain, si l'on veut ; aujourd'hui, s'il le faut. 860

LÉANDRE

Mademoiselle , allons , voilà votre beau-père : Saluez-le.

CHICANNEAU.

Comment?

DANDIN

Quel est donc ce mystère?

LÉANDRE

Ce que vous avez dit se fait de point en point.

DANDIN

Puisque je l'ai jugé, je n'en reviendrai point.

Mais on ne donne pas une fille sans elle. 86 5

LÉANDRE

Sans doute , et j'en croirai la charmante Isabelle.

CHICANNEAU.

Es- tu muette ? Allons , c'est à toi de parler. Parle.

ISABELLE

Je n'ose pas , mon père , en appeler.

CHICANNEAU.

Mais j'en appelle, moi.

LÉANDRE *

Voyez cette écriture.

I. liÉANDRE, lui montrant un papier. (1786 et M. Aimé-Martin)

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