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ACTE III, SCENE IV, 2 Vous n'appellerez pas de votre signature

CHICANNEAU.

Plaît-il?

DANDIN

C'est un contrat en fort bonne façon.

CHICANNEAU.

Je vois qu on m'a surpris; mais j'en aurai raison : De plus de vingt procès ceci sera la source . On a la fille , soit : on n'aura pas la bourse .

Hé ! Monsieur, qui vous dit qu'on vous demande rien ? Laissez-nous votre fille, et gardez votre bien.

CHICANNEAU.

Ah!

LÉANDRE

Mon père , êtes-vous content de l'audience ?

DANDIN

Oui-da. Que les procès viennent en abondance , Et je passe avec vous le reste de mes jours. Mais que les avocats soient désormais plus courts. 8! Et notre criminel?

LÉANDRE

Ne parlons que de joie :

Grâce ! grâce ! mon père.

DANDIN

Hé bien , qu'on le renvoie :

C'est en votre faveur, ma bru, ce que j'en fais. Allons nous délasser à voir d'autres procès.

FIN DU TROISIÈME ET DERNIER ACTE

BRITANNICUS

TRAGÉDIE

NOTICE

Britannicus fut joué pour la première fois sur le théâtre de THotel de Bourgogne, le vendredi i3 décembre 1669. Corneille assistait, dans une loge, à celte représentation, qui se termina à sept heures du soir, et dont il ne sortit sans doute pas sans avoir fait entendre autour de lui quelques-unes de ces critiques de la pièce dont Racine a cité un exemple dans sa première préface, toute pleine de ripostes si vives, si amères. La cabale des poètes envieux , qui d'ordinaire se tenait réunie au théâtre , en un groupe très-redouté, s'était dispersée cette fois dans la salle, afin d'agir un peu partout sans être reconnue. L'assemblée n'était pas aussi nombreuse que l'on avait dû s'y i attendre, parce qu'il y avait ce même jour sur la place pu- I blique une autre tragédie sanglante, une exécution capitale, qui avait disputé à la pièce de Racine l'afïluence des spectateurs. Sans cette concurrence imprévue que la Grève fit à I l'Hôtel de Bourgogne, nul doute que la représentation n'eût I été de celles oii l'on n'avait pas accès sans risquer de se faire étouffer. Le prix des places du parterre avait été doublé, ce que nous présumons d'ailleurs avoir été l'usage, sinon pour toutes les premières représentations , au moins pour celles des pièces des grands auteurs.

Si nous connaissons si exactement la date et quelques-imes des circonstances de la première représentation de Britannicus^ c'est que Boursault en a fixé le souvenir dans les premières pages d'une petite nouvelle intitulée : Artemise et Po~ liante^ et publiée très-peu de temps après ^ Pour la date, les

I. Artemise et Poliante^ Nouvelle , A Paris, chez René Guigxiard,

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frères Parfait, dans V Histoire du Théâtre français'^ ^ hésitent entre le 1 1 (ils auraient dû dire le lo) et le i3 décembre; mais le supplice du marquis de Courboyer, dont parle Boursault, ne laisse aucune incertitude^. Le même Boursault nous fait connaître quels furent les acteurs qui jouèrent d'original dans Britannicus.

Le récit de Boursault n'est pas seulement curieux par tous les renseignements précis qu'il nous donne, mais aussi parce qu'en dépit de ses froides plaisanteries, il est vivant. C'est le seul témoignage contemporain qui nous fasse, on peut le dire, assister réellement à une de ces anciennes représentations. Il nous met sous les yeux jusqu'aux passions diverses dont les spectateurs y étaient agités. Nous ne devons pas oublier sans doute que c'est un guide malveillant qui nous place à ses côtés dans la salle de l'Hôtel de Bourgogne ; mais s'il veut nous montrer la nouvelle tragédie de Racine sous le jour le moins favorable, nous y gagnons du moins de surprendre à leur naissance quelques-unes des critiques qui assaillirent Britannicus dès qu'il parut sur le théâtre, et « qui sembloient, nous dit Racine, le devoir détruire. » Il faut donc transcrire ces pages de Boursault, quoiqu'elles aient été déjà souvent citées : « .... Il étoit sept heures sonnées par tout Paris, quand je sortis de l'Hôtel

M.DG.LXX. Un vol. in-12. — Le récit de la représentation de Britannicus est le début delà Nouvelle, p. 1-16.

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