‹ Œuvres;Chapitre 182 sur 422 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

Votre très-humble et très-obéissant serviteur * ,

Racine.

I. Dans le manuscrit, comme dans l'édition de 1786 et dans celle de M. Aimé -Martin, il y a : « Votre très-humble, très-obéissant et très-fidèle serviteur. » Nous ferons remarquer en outre que dans le manuscrit, de même que dans ces deux éditions, l'épître se divise en quatre alinéa. Dans l'édition de 1670, elle n'en forme, comme ici, qu'un seul.

J. Racine, ii

BRITANNICUS

PREMIÈRE PRÉFACE'

De tous les ouvrages que j'ai donnes au public , il n'y en a point qui m'ait attiré plus d'applaudissements ni plus de censeurs que celui-ci. Quelque soin que j'aie pris pour travailler celte tragédie, il semble qu'autant que je me suis efforcé de la rendre bonne, autant de certaines gens se sont efforcés de la décrier. Il n'y a point de cabale qu'ils n'aient faite, point de critique dont ils ne se soient avisés. Il y en a qui ont pris même le parti de Néron contre moi. Ils ont dit que je le faisois trop cruel. Pour moi, je croyois que le nom seul de Néron faisoit entendre quelque chose de plus que cruel. Mais peut-être qu'ils raffinent sur son histoire, et veulent dire qu'il étoit honnête homme dans ses premières années. Il ne faut qu'avoir lu Tacite pour savoir que s'il a été quelque temps un bon empereur, il a toujours été un très-méchant homme. Il ne s'agit point dans ma tragédie des affaires du dehors. Néron est ici dans son particulier et dans sa famille. Et ils me dispenseront de leur rapporter tous les passages qui pourroient bien aisément ^ leur prouver que je n'ai point de réparation à lui faire.

D'autres ont dit, au contraire, que je l'avois fait trop bon. J'avoue que je ne m'étois pas formé l'idée d'un bon homme en la personne de Néron. Je l'ai toujours regardé comme un monstre. Mais c'est ici un monstre naissant. Il n'a pas encore mis le feu à Rome. Il n'a pas tué * sa

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