‹ Œuvres;Chapitre 183 sur 422 · I. Cette préface est celle de l'édition de · texte numérisé non relu

I. Cette préface est celle de l'édition de

2t. Les éditions de 1807, de 1808 et celle de M. Aimé-Martin omettent bien devant aisément.

3. Les mcines éditions doimcnt ici : a 11 n'a pas encore tué. * C'est ainsi que Racine s'exprime dans sa seconde préface.

PREMIÈRE PRÉFACE

mère, sa femme, ses gouverneurs. A cela près, il me semble qu'il lui échappe assez de cruautés pour empêcher que personne ne le méconnoisse.

Quelques-uns ont pris Tintérét de Narcisse, et se sont plaints que j'en eusse fait un très-méchant homme et le confident de Néron. Il suffit d'un passage pour leur répondre. « Néron, dit Tacite, porta impatiemment la mort de Narcisse, parce que cet affranchi avoitune conformité merveilleuse avec les vices du prince encore cachés : Cujus ahditîs aclhuc vitiis mire congruebat'^ . »

Les autres se sont scandalisés que j'eusse choisi un homme aussi jeune que Britannicus pour le héros d'une tragédie. Je leur ai déclaré, dans la préface à'Jndroinaqiie^^ les sentiments d'Aristote sur le héros de la tragédie; et que bien loin d'être parfait, il faut toujours qu'il ait quelque imperfection. Mais je leur dirai encore ici qu'un jeune prince de dix-sept ans, qui a beaucoup de cœur, beaucoup d'amour, beaucoup de franchise et beaucoup de crédulité, qualités ordinaires d'un jeune homme, m'a semblé très-capable d'exciter la compassion. Je n'en veux pas davantage.

Mais, disent-ils, ce prince n'entroit que dans sa quinzième année lorsqu'il mourut. On le fait vivre , lui et Narcisse j deux ans plus qu'ils n'ont vécu'. Je n'aurois point parlé de cette objection, si elle n'avoit été faite avec chaleur par un homme qui s'est donné la liberté de faire régner vingt ans un empereur qui n'en a régné que huit ' , quoique ce changement soit bien plus considé-

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