‹ Œuvres;Chapitre 195 sur 422 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Vers sa chute, à grands pas, chaque jour s'achemine*. L'ombre seule m'en reste, et l'on n'implore plus Que le nom de Sénèque et l'appui de Burrhus.

ALBINE

Ah ! si de ce soupçon votre âme est prévenue , 1 1 5 Pourquoi nourrissez-vous le venin qui vous tue ? Daignez avec César vous éclaircir du moins ^.

AGRIPPINE

César ne me voit plus, Albine, sans témoins.

En public , à mon heure , on me donne audience.

Sa réponse est dictée , et même son silence. 120

Je vois deux surveillants , ses maîtres et les miens ,

Présider l'un ou l'autre à tous nos entretiens.

Mais je le poursuivrai d'autant plus qu'il m'évite.

De son désordre, Albine, il faut que je profite.

J'entends du bruit; on ouvre. Allons subitement i 2 5

Lui demander raison de cet enlèvement.

Surprenons , s'il se peut, les secrets de son âme.

Mais quoi ? déjà Burrhus sort de chez lui ?

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