‹ Œuvres;Chapitre 200 sur 422 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

J'ai flatté son amour d'un hymen qu'il espère :

A ma confusion , Néron veut faire voir

Qu'Agrippine promet par delà son pouvoir. aSo

Rome de ma faveur est trop préoccupée :

Il veut par cet affront qu'elle soit détrompée ,

Et que tout l'univers apprenne avec terreur

A ne confondre plus mon fils et l'Empereur.

Il le peut. Toutefois j'ose encore lui dire 2 55

Qu'il doit avant ce coup afifermir son empire ,

Et qu'en me réduisant à la nécessité

D'éprouver contre lui ma foible autorité ,

Il expose la sienne , et que dans la balance

Mon nom peut-être aura plus de poids qu'il ne pense. 260

BURRHUS

Quoi? Madame, toujours soupçonner son respect?

Ne peut-il faire un pas qui ne vous soit suspect*?

L'Empereur vous croit-il du parti de Junie?

Avec Britannicus vous croit-il réunie ?

Quoi ? de vos ennemis devenez- vous l'appui 265

Pour trouver un prétexte à vous plaindre de lai ?

Sur le moindre discours qu'on pourra vous redire,

Serez-vous toujours prête à partager l'Empire?

Vous craindrez-vous sans cesse , et vos embrassements

Ne se passeront-ils qu'en éclaircissements? 270

Ah ! quittez d'un censeur la triste diligence j

D'une mère facile affectez l'indulgence ;

Souffrez quelques froideurs sans les faire éclater ,

Et n'avertissez point la cour de vous quitter^.

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