Racine s'est inspiré de la belle expression de Juvénal
Incipit ipsorum contra te stare parentum
Nobilitas, claramque facera prseferre pudendis.
(Satire VIII, vers i38.) Avant lui, Molière, dans le Festin de pierre, acte IV, scène iv, et Boileau, satire V, vers 6i et 62, avaient imité ces vers de JuvénaL
2. La même phrase est dans les Plaideurs (acte I, scène v, vers 124) ' a Laissons là le mystère. »
BRITANNICUS
La sœur vous touche ici beaucoup moins que le fi'ère ; Et pour Britannicus ....
JUNIE
Il a su me Xoucher, Seigneur; et je n'ai point prétendu m'en cacher. Cette since'rité sans doute est peu discrète ; Mais toujours de mon cœur ma bouche est l'interprète. Absente de la cour, je n'ai pas dù penser, Seigneur, qu'en l'art de feindre il fallût m' exercer. J'aime Britannicus. Je lui fus destinée Quand l'Empire devoit suivre son hymënée*. Mais ces mêmes malheurs qui l'en ont écarté , 645 Ses honneurs abolis, son palais déserté , La fuite d'une cour que sa chute a bannie , Sont autant de liens qui retiennent Junie. Tout ce que vous voyez conspiré à vos désirs ; Vos jours toujours sereins coulent dans les plaisirs. 6 5o L'Empire en est pour vous l'inépuisable source; Ou si quelque chagrin en interrompt la course , Tout l'univers, soigneux de les entretenir, S'empresse à l'effacer de votre souvenir. Britannicus est seul. Quelque ennui qui le presse, 6 55 Il ne voit dans son sort que moi qui s'intéresse, Et n'a pour tous plaisirs, Seigneur, que quelques pleurs Qui lui font quelquefois oublier ses malheurs.
NÉRON
Et ce sont ces plaisirs et ces pleurs que j'envie , Que tout autre que lui me paîroit de sa vie. 660 Mais je garde à ce prince un traitement plus doux. Madame , il va bientôt paroi tre devant vous.
JUNIE
A-h ! Seigneur, vos vertus m'ont toujours rassurée.
I. Var. Quand l'Empire sembloit suivre son liyraénée. (1670 et 76)