ACTE III, SCÈNE VII. 3o
De l'entendre gémir, de l'affliger soi-même ,
Lorsque par un regard on peut le consoler ! i oo5
Mais quels pleurs ce regard auroit-il fait couler !
Ah ! dans ce souvenir, inquiète , troublée ,
Je ne me sentois pas assez dissimulée.
De mon front effrayé je craignois la pâleur; -
Je trouvois mes regards trop pleins de ma douleur, i o i o
Sans cesse il me sembloit que Néron en colère
Me venoit reprocher trop de soin de vous plaire ;
Je craignois mon amour vainement renfermé;
Enfin j'aurois voulu n'avoir jamais aimé.
Hélas ! pour son bonheur, Seigneur, et pour le nôtre ,
Il n'est que trop instruit de mon cœur et du vôtre.
Allez , encore un coup , cachez- vous à ses yeux :
Mon cœur plus à loisir vous éclaircira mieux.
De mille autres secrets j'aurois compte à vous rendre.
Ah! n'en voilà que trop : c'est trop me faire entendre*, Madame, mon bonheur, mon crime, vos bontés. Et savez-vous pour moi tout ce que vous quittez? Quand pourrai-je à vos pieds expier ce reproche ^?
JUNIE
Que faites- vous? Hélas! votre rival s'approche.