ACTE IV, SCÈNE II. 3iï
Mais ce lien du sang qui nous joignoit tous deux
Ecartoit Glaudius d'un lit incestueux.
Il n'osoit épouser la fille de son frère. n 3 5
Le sénat fut séduit : une loi moins sévère
Mit Claude dans mon lit, et Rome à mes genoux.
C'étoit beaucoup pour moi, ce n'étoit rien pour vous.
Je vous fis sur mes pas entrer dans sa famille :
Je vous nommai son gendre, et vous donnai sa fille. 1 1 40
Silanus, qui Faimoit, s'en vit abandonné.
Et marqua de son sang ce jour infortuné
Ce n'étoit rien encore. Eussiez-vous pu prétendre
Qu'un jour Claude à son fils dùt^ préférer son gendre?
De ce même Pallas j'implorai le secours : 1 1 4 5
Claude vous adopta, vaincu par ses discours;
Vous appela Néron; et du pouvoir suprême
Voulut, avant le temps, vous faire part lui-même.
C'est alors que chacun, rappelant le passé.
Découvrit mon dessein, déjà trop avancé; 1 1 5o
Que de Britannicus la disgrâce future
Des amis de son père excita le murmure
Mes promesses aux uns éblouirent les yeux ;
L'exil me délivra des plus séditieux ;
Claude même, lassé de ma plainte éternelle, i : 55
Eloigna de son fils tous ceux de qui le zèle,
Engagé dès longtemps à suivre son destin,
Pouvoit du trône encor lui rouvrir le chemin
Je fis plus : je choisis moi-même dans ma suite
Ceux à qui je voulois qu'on livrât sa conduite* ; 1 160