x^^ partie, section xvi
2. Voyez la Notice de Tite et Bérénice dans le Corneille de M. Marty- Laveaux, tome VII, p. ï85 et i86.
BÉRÉNICE
figure sévère, et presque étrange en cet endroit, se trouve ainsi avoir pris, en tête de la tendre tragédie , la place de la douce et gracieuse image qu'on y cherche vainement. Serait-ce qu'il y avait dans la fantaisie de la princesse un mystère qu'on respectait, malgré la transparence du voile dont il était couvert, mystère que la mort rendait encore plus inviolable? Henriette d'Angleterre n'avaii-elle pas eu réellement dans le choix de cette tragédie V intérêt secret dont parle Voltaire? Si cela est, il faut avouer que celle qui était avide de voir retracer sur la scène , pour l'y montrer, il est vrai, dans sa défaite, une passion dont il eût fallu écarter tout souvenir, était demeurée dans une mal- ; heureuse disposition d'âme. Voltaire dit qu'elle cherchait ces souvenirs « pour son amusement. » Le mot semble léger.
Reconnaissons d'ailleurs que , sauf la donnée très-générale d'un amour combattu et vaincu par le devoir, il y a peu de rapports entre l'histoire de Titus et de Bérénice et l'inclination qu'avaient pu sentir l'un pour l'autre le beau-frère et la belle-sœur. Il fallait qu'Henriette d'Angleterre se contentât d'allusions fort éloignées, dans lesquelles ce qui pouvait le plus toucher un cœur trop mal guéri de sa passion était apparemment le portrait du grand Roi, indiqué d'une manière trèsclaire aux poètes par le sujet lui-même. La ressemblance est beaucoup plus frappante avec le triomphe que Louis XIV avait remporté sur un plus naturel entraînement de jeunesse, en se séparant de Marie Mancini. Deux vers de la tragédie de Racine qui reproduisent les paroles mêmes de la nièce de Mazarin achèvent cette ressemblance, dont on croit saisir encore quelques autres tiaits, par exemple dans ce passage où Titus, parlant de la gloire, diit :
. . . Cette ardeur que j'ai pour ses appas, Bérénice en mon sein l'a jadis allumée.... Tout ce que je lui dois va retomber sur elle*.
La glorieuse influence attribuée ici à Bérénice ne remet-elle pas en mémoire ce que l'histoire raconte des conseils donnés par Marie Mancini au jeune Louis XIV? C'est de ce côté seulement que sont les allusions bien marquées. Nous serions disposé à