‹ Œuvres;Chapitre 273 sur 422 · I. Acte II, bcène m. — 2. Acle ÏII, scène £v · texte numérisé non relu

I. Acte II, bcène m. — 2. Acle ÏII, scène £v

réglo^'ue ^. » Dans \ Épîtrc à La duchesse du Maine qui est en tête de son Oresle^ il s'exprime à peu près de même : « Bérénice était une pastorale entre un empereur, une reine et un roi, et une pastorale cent fois moins tragique que les scènes intéressantes du Pastor Fido''- ; » et dans une lettre qui sert de préface aux Pélopides : a Je n'ai jamais cru que la tragédie dût être à Teau rose. L'églogue en dialogues intitulée Bérénice était indigne du théâtre tragique ; aussi Corneille n'en fit-il qu'un ouvrage ridicule; et ce grand maître Racine eut beaucoup de peine, avec tous les charmes de sa diction éloquente, à sauver la stérile petitesse du sujet ^. » Quelque imposant que soit un arrêt rendu par tant de juges, il nous semble qu'ils se sont trop inquiétés àe^'AVOiY si Bérénice était vraiment une tragédie. Qu'on la nomme comme on Aoudra, églogue ou élégie, ce qui nous importe c'est qu'elle est belle et touchante, et « qu'elle a toujours excité (le même Voltaire l'a dit) les applaudissements les plus vrais : ce sont les larmes, d Racine , à ce que rapporte l'abbé du Bos, « donnoit à entendre qu'il aimoit mieux Bérénice que ses autres tragédies profanes*. » Nous n'oublions pas qu'on lui avait attribué tour à tour cette prédilection pour plusieurs de ses pièces. Mais s'il avait eu réellement quelque faible pour Bérénice, nous ne nous en étonnerions pas. Bérénice est 1'^^tfier de son théâtre profane. Boileau avait d'abord désapprouvé le sujet de la seconde tout autant que celui de la première. Pour l'une comme pour l'autre, le succès a justifié le poète. Nous n'avons garde de méconnaître la supériorité de « l'Idylle biblique, » comme on a nommé Esther, sur la pastorale tirée de l'histoire romaine. Si l'on ose les comparer, c'est que Racine dans toutes les deux ajté lui-même plus qu'ailleurs peut-être, et qu'il y a mis pareillement cette grâce simple et naturelle, cette douceur enchanteresse, qui étaient bien loin d'être tout son génie, mais qui en sont restées, ce semble, la marque particulière, le don le plus rare et le plus inimitable.

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