‹ Œuvres;Chapitre 336 sur 422 · TITUS, BÉRÉNICE · texte numérisé non relu

TITUS, BÉRÉNICE

TITUS

Madame, il faut vous faire un aveu véritable.

Lorsque j'envisageai le moment redoutable

Où pressé par les lois d'un austère devoir, 1 3 6 5

Il falloit pour jamais renoncer à vous voir;

Quand de ce triste adieu je prévis les approches ,

Mes craintes , mes combats , vos larmes , vos reproches ,

Je préparai mon âme à toutes les douleurs *

Que peut faire sentir le plus grand des malheurs ; i 3 7 o

Mais quoi que je craignisse, il faut que je le die,

Je n'en avois prévu que la moindre partie.

Je croyois ma vertu moins prête à succomber,

Et j'ai honte du trouble où je la vois tomber.

J'ai vu devant mes yeux Rome entière assemblée; 1875

Le sénat m'a parlé ; mais mon âme accablée

Ecoutoit sans entendre , et ne leur a laissé

Pour prix de leurs transports qu'un silence glacé.

Rome de votre sort est encore incertaine.

\.Far. Je m'attendis, Madame, à toutes les douleurs. (1671-87)

Page 1