‹ Œuvres;Chapitre 338 sur 422 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

TITUS, BÉRÉNICE, ANTIOGHUS.

TITUS

Venez, Prince, venez, je vous ai fait chercher. Soyez ici témoin de toute ma foihlesse ; Voyez si c'est aimer avec peu de tendresse : Jugez-nous.

ANTIOCHUS

Je crois tout : je vous connois tous deux. Mais connoissez vous-même un prince malheureux*. Vous m'avez honoré, Seigneur, de votre estime; Et moi, je puis ici vous le jurer sans crime , A vos plus chers amis j'ai disputé ce rang : Je l'ai disputé même aux dépens de mon sang. Vous m'avez , malgré moi , confié l'un et l'autre , 1 4 3 5 La Reine son amour, et vous. Seigneur, le vôtre. La Reine, qui m'entend, peut me désavouer : Elle m'a vu toujours ardent à vous louer, Répondre par mes soins à votre confidence. Vous croyez m'en devoir quelque reconnoissance ; 144» Mais le pourriez- vous croire en ce moment fatal ^, Qu'un ami si fidèle étoit votre rival?

TITUS

Mon rival!

ANTIOGHUS.

Il est temps que je vous éclaircisse.

Oui, Seigneur, j'ai toujours adoré Bérénice. Pour ne la plus aimer j'ai cent fois combattu : r 44 5

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