‹ Œuvres;Chapitre 339 sur 422 · Var. Je crois tout : je connois votre amour · texte numérisé non relu

Var. Je crois tout : je connois votre amour

Mais vous, connoissez-moi, Seigneur, à votre tour. (1671-87)

2. Var. Mais croiriez-vous, Seigneur, en ce moment fatal. (1671-87)

BÉRÉNICE

Je n'ai pu l'oublier", au moins je me suis tu.

De votre changement la flatteuse apparence

M'avoit rendu tantôt quelque foible espérance :

Les larmes de la Reine ont éteint cet espoir.

Ses yeux, baignés de pleurs, demandoient à vous voir.

Je suis venu, Seigneur, vous appeler moi-même;

Vous êtes revenu. Vous aimez, on vous aime;

Vous vous êtes rendu : je n'en ai point douté.

Pour la dernière fois je me suis consulté;

J'ai fait de mon courage une épreuve dernière; 14 55

Je viens de rappeler ma raison toute entière*:

Jamais je ne me suis senti plus amoureux.

Il faut d'autres efforts pour rompre tant de nœuds :

Ce n'est qu'en expirant que je puis les détruire;

J'y cours. Voilà de quoi j'ai voulu vous instruire. 1460

Oui, Madame, vers vous j'ai rappelé ses pas. Mes soins ont réussi, je ne m'en repens pas. Puisse le ciel verser sur toutes vos années Mille prospérités l'une à l'autre enchaînées ! Ou s'il vous garde encore un reste de courroux, 1465 Je conjure les Dieux d'épuiser tous les coups Qui pourroient menacer une si belle vie , Sur ces jours malheureux que je vous sacrifie.

BÉRÉNICE, se levant.

Arrêtez, arrêtez. Princes trop généreux,

En quelle extrémité me jetez- vous tous deux ! 147^

Soit que je vous regarde, ou que je l'envisage.

Partout du désespoir je rencontre l'image.

Je ne vois que des pleurs , et je n'entends parler

Que de trouble , d'horreurs , de sang prêt à couler.

(A Titus.)

Mon cœur vous est connu , Seigneur, et je puis dire

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