ACTE T, SCÈNE IV. 49$ Mon unique espérance est dans mon désespoir
ZAÏRE
Mais, Madame, pourquoi?
ATALIDE
Si tu venois d'entendre Quel funeste dessein Roxane vient de prendre , Quelles conditions elle veut imposer !
Bajazet doit périr, dit-elle, ou l'épouser. 34,0 S'il se rend , que deviens- je en ce malheur extrême Et s'il ne se rend pas , que devient-il lui-même ?
ZAÏRE
Je conçois ce malheur ; mais à ne point mentir, Votre amour dès longtemps a dû le pressentir.
ATALIDE
Ah ! Zaïre , l'amour a-t-il tant de prudence ? 345
Tout sembloit avec nous être d'intelligence :
Roxane , se livrant toute entière ^ à ma foi ,
Du cœur de Bajazet se reposoit sur moi,
M'abandonnoit le soin de tout ce qui le touche,
Le voyoit par mes yeux, lui parloit par ma bouche ; 3 5o
Et je croyois toucher au bienheureux moment
Qù j 'allpis pjy^ ses nmns çg mon amant .
Le^^gL s'est déclaré contre mon^ artifice^
Et que falloit-il donc, Zaïre, que je fisse?
A l'erreur de Roxane ai-je dû m'opposer, 3 5 5