‹ Œuvres;Chapitre 363 sur 422 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Bientôt de son erreur sera désabusée. 390

Çar enfin Baiazet ne sait point se cacher :

Je connpis sa vertu prompte à s'effaroucher.

Il faut qu'à tous moments, tremblante et secourable,

Je donne à ses discours un sens plus favorable.

Bajazet va se perdre. Ah ! si, comme autrefois, SgS

Ma rivale eût voulu lui parler par ma voix !

Au moins si j'avois pu préparer son visage !

Mais, Zaïre, je puis l'attendre à son passage* :

D'un mot ou d'un regard je puis le [secourir.

Qu'il rép.Quse., en un mot, phiiûl,q.iie - de. périr. 400

Si Roxane le veut, sans doute il faut qu'il meure.

Il se perdra, te dis-je. A^^lide^ demeura:

Laisse, sans t'aîarmer, ton amant sur sa foi.

Penses-tu mériter qu'on se perde pour toi ?

Peut-être Bajazet, secondant ton envie, 4© 5

Plus que tu ne voiidras aura soin de sa vie.

ZAÏRE

Ah ! dans quels soins, Madame, allez-vous vous plonger?

Toujours avant le temps faut-il vous affliger?

Vous n'en pouvez douter, Bajazet vous adore.

Suspendez ou cachez Tennui qui vous dévore. 410

N'allez point par vos pleurs déclarer vos amours.

La main qui Fa sauvé le sauvera toujours,

Pourvu qu'entretenue en son erreur fatale^,

Roxane jusqu'au bout ignore sa rivale.

Venez en d'autres lieux enfermer vos regrets, 4 ï 5

Et de leur entrevue attendre le succès.

ATALIDE

Hé bien! Zaïre, allons. Et toi, si ta justice

î. Var. Mais, Zaïre, je puis attendre son passage. (1672) 2. L'erreur où la destinée l'entraîne. Fatale est employé ici dans le sens de son étymologie. Comparez plus haut, vers 289; et plus bas, vers 421. J. Racine, ii 32

498 BAJAZET

\pe deux jeunes amants veut punir T artifice, i Ociel, si notre amour est condamné de toi, lie suis la plus coupable : épuise tout sur moi. 420

FIN DU PREMIER ACTE

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