ACTE II, SCÈNE V
Mais on me présentoit votre perte prochaine. Pourquoi faut-il, ingrat , quand la mienne est certaine, Que vous n'osiez pour moi ce que j'osois pour vous ? 775 Peut-être il suffira d'un mot un peu plus doux; Roxane dans son cœur peut-être vous pardonne. Vous-même, vous voyez le temps qu'elle vous donne. A-t-elle, en vous quittant, fait sortir le Visir ? ''^ Des gardes à mes yeux viennent-ils vous saisir ? 780 Enfin, dans sa fureur implorant mon adresse, Ses pleurs ne m'ont-ils pas découvert sa tendresse ? Peut-être elle n'attend qu'un espoir incertain , Qui lui fasse tomber les armes de la main. ^ Allez, Seigneur : sauvez votre vie et la mienne*. 7 85
BAJAZET
Hé bien ! Mais quels discours faut-il que je lui tienne?
ATALIDE
Ah ! daignez sur ce choix ne me point consulter.
L'occasion, le ciel pourra vous les dicter.
Allez : entre elle et vous je ne dois pointparoître :
Votre trouble ou le mien nous feroient reconnoître. 790
Allez, encore un coup, je n'ose m'y trouver.
Dites.... tout ce qu'il faut, Seigneur, pour vous sauver.
I . Far. Allez, Seigneur : tentez cette dernière voie. BAj. Hé bien! Mais quels discours voulez-vous que j'emploie? (1672)
FIN DU SECOND ACTE
BAJAZEÏ.