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DIRECTEUR DE LA COMÉDIE POLITIQUE

(Mars 1873)

Après les événements de septembre 1870, M. ' Andrieux avait été procureur de la République à Lyon^ et M. Ponet y dirigeait la Comédie politique, journal qui combattait avec ardeur les hommes nouveaux, portés au pouvoir par la révolution de la veille.

En 1872, M. Andrieux jugea que les attaques qui le concernaient compromettaient la dignitédu magistrat, et, descendant momentanément de son siège, se constituait partie civile ; il poursuivit M. Ponet comme diffamateur devant la Cour d'assises du Rhône.

Les imputations de iM. Ponet avaient visé la vie publique de M. Andrieux; celui-ci sollicitait une répression qui fut à la fois la condamnation de ses détracteurs et la justification des actes du fonctionnaire.

Plusieurs articles de la Comédie politique étaient incriminés. La partie civile et le prévenu citèrent chacun de leur côté de nombreux témoins venant corroborer ou combattre l'accusation.

On était trop rapproché des événements de 1870, et les luttes politiques qui les avaient suivis étaient trop ardentes, pour que l'opinion ne lût point surexcitée par ce procès. Procureur de la République de Lyon, futur préfet de police à Paris, M. Andrieux ne pouvait pardonner au journaliste des attaques incessantes infirmant son autorité morale ; le journaliste invoquait son droit de citoyen à divulguer le passé du fonctionnaire et à signaler les actes antérieurs comme l'obstacle de tous les jours à sa mission de l'heure présente.

M^ Le Blond, député, avocat du barreau de Paris, plaidait pour M. Andrieux partie civile, qui parla d'ailleurs lui-même pour justifier sa poursuite.

M. l'avocat général de Prandières conclut dans son réquisitoire à l'application de la loi du 26 mai 1819, sur la diffamation.

M* Pinard, défenseur de M. Ponet, prononça la plaidoirie suivante :

Messieurs de la Cour, Messieurs les Jurés,

A plusieurs reprises, mon contradicteur a cherché à m'attirer sur le terrain politique. Je ne l'y suivrai pas ! Je ne viens pas défendre une opinion, je viens défendre un client. Je crois, d'ailleurs, que cette affaire doit rester étrangère à de semblables préoccupations. Elle est plus haute que la politique : elle soulève une question de moralité publique, de dignité judiciaire, et cela suffit.

Il s'agit de savoir quelles sont les immunités de M. Ponet, quel est le droit d'un homme écrivant une histoire toujours très dangereuse, l'histoire contemporaine. Oui ! quelles sont

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les limites que lui tracent l'usage, les traditions, la loi, pour cette histoire, nécessaire à l'avenir, si elle est dangereuse pour le présent.

Mon honorable contradicteur disait, en commençant sa plaidoirie, qu'il avait conseillé à son client de ne pas faire le procès : car, ne l'oubliez pas, c'est M. le procureur de la République qui nous poursuit, c'est lui qui nous accuse ; c'est nous qui nous défendons.

Eh bien ! je crois que mon confrère avait raison : je crois, quant à moi, qu'il ne peut rien sortir de bon pour son client d'un semblable débat. Les conséquences, il les aura voulues ; nous n'en serons pas responsables.

Quand M. Ponet est venu me trouver, je ne le connaissais pas, je ne connaissais pas son journal, j'ignorais son opinion politique. Mais un seul fait m'a de suite déterminé. Ce fait, le voici : il a fondé son journal au moment de la Commune lyonnaise^ au moment du péril, au milieu des orages que nous avons traversés ; il y avait là du courage. Je lui ai immédiatement répondu : « Je vous assisterai. »

Il y a dix-huit mois, en effet, quand Ponet créait son journal ; il n'y avait que deux camps dans le pays: celui des hommes honnêtes qui, silencieusement, sans faire de politique, donnaient à un gouvernement de fait, qui n'était, certes, pas le gouvernement de leur choix, leur argent, leur sang, leurs enfants ; puis le camp de ceux qui exploitaient ce patriotisme, non pas dans l'intérêt de la défense, mais pour satisfaire leurs rancunes, leurs passions et leurs idées politiques.

C'est alors que lesarrestations arbitraires se multipliaient, que les actes illégaux étaient de tous les jours. Y a-t-il un seul de ces actes, une seule de ces arrestations, un seul de ces faits regrettables pour l'honneur du pays que M. Ponet n'ait signalé avec une énergie qui commande notre hommage ? Il nous avait défendus devant la terreur: c'était bien le moins que nous vinssions le défendre devant la justice.

Au point de vue où je me place, cette tâche m'est facile, malgré l'habile plaidoirie de mon contradicteur ; facile malgré

les conclusions du ministère public que vous avez entendues; facile même devant l'opinion, qui, malgré ses divisions, ses préjugés, ses divergences H ses passions, sait toujours honorer le courage, lorsqu'il est réel.

Oui, j'accepte cette tache sans préoccupation, je la remplis avec confiance. Et pour vous en donner une preuve, j'arrive à vous sans discours étudié, sans plan prémédité ; l'ordre que je suivrai, ce sera celui qu'a suivi mon contradicteur: sa marche sera la mienne.

Il a commencé par dresser un piédestal à son client : nous verrons ce que vaut son piédestal. Il a dénaturé la situation de Ponet : nous la rétablirons. Enfin il a articulé des griefs, précisé des qualifications : nous verrons ce que valent ces articulations et ces griefs.

Mais, en abordant ce procès, est-ce que vous ne vous dites pas : Le véritable accusé n'est pas sur ces bancs ; le véritable accusé; le vrai coupable, c'est la révolution ? Que s'est-il donc dégagé des débats, sinon la situation malheureuse d'une ville livrée trop longtemps à cet ennemi de toutes les lois. Rappelez-vous ce tableau que traçaient le ministère public et les témoins : des agents déshonorant leur uniforme ; des pillages s'accomplissantsans obstacles ; un Timon arrêtant son créancier pour satisfaire une vengeance personnelle ; puis les hommes d'ordre restant chez eux, quand le désordre est dans la rue, et des chefs de légion venant nous dire : « Nous ne convoquions pas nos hommes : les mauvais seraient sortis, les bons seraient restés. »

En entendant ces témoignages, en voyant exposer cette situation, en la voyant durer si longtemps, j'avais la conviction qu'un peu d'énergie aurait pu la faire cesser.

Je m'autorisais des paroles mêmes de la partie civile, qui vous disait : « Avec 50 hommes de bonne volonté, on pouvait reprendre l'Hôtel-de-Ville et en chasser la Commune. » 50 hommes, mais c'est moins que tous les témoins que vous avez entendus, et ces 50 hommes ne se sont pas trouvés cette nuit là !

Je m'autorisais d'une autorité que la révolution ne peut pas

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récuser, de celte lettre de M. Challemel-Lacour adressée à Delescluze, le 13 septembre 1870:

Mon cher ami, je ne lis pas le Rappel, quoique je le fasse acheter régulièrement. Depuis cinq heures du matin, et il est dix heures du soir, je suis occupé, obsédé, importuné, et savez -vous ce qui m'occupe ? — Ce ne sont pas les Prussiens, ce n'est pas la défense de Lyon : non, c'est de m'ingénier à empêcher à tout prix une collision entre tout le monde (républicains compris) et une bande qui s'est emparée de la Préfecture et fait mille sottises menaçantes, irrilantes et sans aucun résultat. Cette bande, c'est l'Internationale de Lyon, composée de ce qu'il y a de pire dans le mau-, vais, que l'invasion ne touche guère, que la République n'émeut pas du tout, et qui s'en vante. Sans eux, tout irait ici admirablement.

Il y a peut-être trop d'optimisme dans la dernière phrase, mais enfin c'est une opinion.

Puis il dit:

Le collectivisme est leur affaire. Savez-vous ce que c'est que cette bête-là ? Je ne sais s'ils voudraient me pousser à les écraser ; je n'aurais qu'à lever le doigt pour qu'ils disparussent.

Et un peu plus loin :

A cette heure, la susdite bande serait anéantie, si je n'avais résisté à toutes les suggestions de répression qui m'accablent. Il aurait fallu pour cela un coup de force, donner à l'étranger, qui est chez nous, et aux autres peuples le spectacle de nos dissensions et faire encore une fois des vainqueurs et des vaincus, entamer la série des conséquences qui se rattachent à un coup de force, comme la queue du serpent tient à la tête. Tout cela me paraît horrible.

N'oublions pas cette première leçon : une situation révolutionnaire exposant chaque jour la sécurité de tous, et situation qui eût cessé vite devant une attitude énergique.

Il y a une seconde leçon : quand le désordre dure si longtemps, il ne naît pas en un jour : il ne se produit pas en une seule nuit ; il a des causes plus élevées. Le mal est comme le bien : il se prépare de longue main. Crescit arhor œvo.

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Et alors je me dis : ils sont coupables (je ne nomme encore personne) ceux qui ont appris au peuple qu'on pouvait s'insurger contre la loi. Ils sont coupables ceux dont les prédications ont affaibli chez tous les liens de la famille, détruit le patriotisme, les idées religieuses, ceux qui ont dit que tout se terminait dans cette vie. car enfin, si tout finit quand la nuit commence, il est naturel qu'on vous réponde : « la jouissance brutale, la jouissance immédiate est le vrai bien d'ici-bas. »

Ah! je sais bien que ceux qui ont préparé le mal veulent réagir plus tard. On a mis le feu : on appelle les pompiers, mais, quand l'incendie s'éteint, il se trouve que la maison est à moitié brûlée.

De ce point de vue élevé, qui domine le procès, il faut, dès le début, tirer deux conclusions : une pour M. Andrieux, une pour M. Ponet.

La conclusion pour M. Andrieux, c'est qu'il n'aurait pas dû faire un procès où nous devons lui montrer qu'il a préparé l'incendie qu'il veut éteindre.

La conclusion pour M. Ponet, c'est qu'il a un fardeau moins lourd à porter que M. Andrieux qui l'a poursuivi. S'il a pu se servir d'expressions malheureuses, il a toujours combattu le désordre : la révolution dans la rue, comme dans l'esprit troublé des masses, il ne l'a. lui, ni excitée, ni préparée.

Voilà les grandes lignes du débat. Il fallait les rappeler pour bien comprendre la discussion.

Voyons le piédestal dressé à M. Andrieux par mon contradicteur.

Et d'abord pas un mot de la vie intime, de la vie vraiment privée. Elle est murée, suivant la belle expression de Royer- Collard.

Pour montrer combien nous respections ce principe, nous avons écarté le troisième chef articulé.

Seulement, quand mon contradicteur dit que la jeunesse de son client s'est écoulée dans la retraite, dans le travail, loin des excitations de toute sorte, loin des cafés et de la vie

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bruvanle, vraiment je m'étonne que nous ayons eu tous deux des renseignements si contradictoires, et je fais pour toute réponse appel à ceux qui ont connu M. Andrieux et à l'opinion qui le jugera.

La vie privée passée sous silence, je m'empare de la vie publique et j'indique ce que j'entends par ces mots ; c'est d'abord la vie du fonctionnaire, mais c'est aussi — et je crois que personne ne peut me démentir, — c'est l'acte extérieur par lequel un candidat se pose, c'est l'acte extérieur par lequel commence sa vie politique. C'est lui-même qui veut que cette vie soit publique, et s'il voulait qu'elle fût intime, il ne serait pas un homme politique. Ah! cette vie-là m'appartient dans le présent et dans le passé; elle est à moi tout entière, parce que c'est la garantie du justiciable d'abord, et la propriété de l'historien ensuite.

Sur ce terrain, M. l'avocat général a semblé m'arrêter.

« Un journaliste, a-t-il dit, est un homme sans mandat, pour juger toutes ces décisions, qui appartiennent à la conscience du fonctionnaire. Ainsi de quel droit lui reproche-t-il de ne pas poursuivre comme ministère public? Tl y a là des questions d'opportunité dont le fonctionnaire est seul juge et pour lesquelles il est couvert par ses chefs hiérarchiques. » Je comprendrais cette réponse si le journaliste était le poursuivant, s'il demandait compte au ministère public en lui faisant un procès. Mais, quand le journaliste est accusé, quand le procureur de la République sort de son parquet, devient partie civile et commence l'action, ah! permettez! j'ai alors le droit de critiquer tous les actes de ce fonctionnaire qui a pris l'initiative, j'ai pour répondre à son attaque toutes les immunités de la défense ; j'ai la preuve possible pour tous les faits allégués; il n'y a qu'une limite que je ne dois pas franchir, c'est celle de l'intérieur du domicile, celle de la vie privée.

L'objection réfutée, je commence.

Soyons vrais ; on ne fait les convictions d'autrui qu'en obéissant à sa propre conviction. Eh bien ! je reconnais immédiatement avec les témoins, avec Ponet, qui ne l'a ja-

mais contesté, que M. Andrieux, devenu procureur cle la République, a accompli certains actes d'énergie dont on lui doit compte.

Le premier, c'est l'élargissement des magistrats, qui sortirent le 24 septembre. Seulement, pour être juste vis-à-vis de tous, je lis le procès-verbal de la séance du 20 septembre du Comité de salut public :

Le citoyen T,e Royer, répondant à une interpellation, déclare que la mise en liberté des personnes en question a eu lieu par ordre du gouvernement central.

Et plus loin :

Il accepte pour sa part la responsabilité des actes accomplis par le Comité de salut public contre certaines personnes, tout le temps que le danger pouvait exister; mais, considérant ce danger désormais dissipé, de concert avec le procureur de la République, on a mis en liberté la plupart desdites personnes.

Ainsi, pour ce premier fail, le gouvernement de Paris a envoyé l'ordre; le procureur général et le procureur de la République l'ont exécuté. J'ajoute que M. Andrieux a désiré évidemment la prompte mise on liberté des personnes mêmes qu'il remplaçait ; il a dû solliciter des ordres dans ce sens ; il a favorisé leur départ.

Est-ce que M. Ponet a douté de cela? Est-ce qu'il a dit le contraire ? M. Ponet constate ce fait, quelquefois même en l'exagérant ; il a écrit : « M. Andrieux. dans cette circonstance, est le seul qui ait fait son devoir. » Ceci n'était pas tout à fait exact, puisque le gouvernement de Paris avait donné l'ordre et que le procureur général l'avait sollicité.

Le second fait est l'affaire d'Arnaud : M. Andrieux est monté à la Croix-Rousse ; il y avait là des hommes qui avaient assassiné, et je n'ai pas besoin de qualifier cet exécrable forfait. M. Andrieux est monté immédiatemant avec un de mes amis, M. Banafos, juge d'instruction. Là, ils ont vu trois courants d'opinion: plusieurs désapprouvent, d'autres approuvent le crime ; la plus grande partie de la population est frappée de

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Stupeur. Tl n'y avait rien à faire en ce moment : ils sont descendus en se séparant ; c'est bien. Si M. Ponet avait contesté la bonne attitude du magistrat ce jour-là, s'il avait dit que vous vous étiez caché, jamais je ne l'aurais défendu ; il y aurait eu là un mensonge évident, une calomnie indigne, et il faudrait la punir.

Il y a le troisième fait, la Commune de Lyon.

Cette Commune s'est installée, vous savez dans (juelles conditions: les insurgés ont pris l'Hôtel-de-Ville, retenu le préfet prisonnier. Quel a été le rôle de M. Andrieux? — Il était à la gare de Perrache avec le général Crouzat ; il a pris une mesure de sûreté ; il a fait partirles prisonniers de Saint-Joseph pour Riom. C'était une précaution utile. Y avait-il un péril à courir en prenant cette mesure ? — Non, il était sous le canon du général Crouzat, et les insurgés étaient ailleurs. Il a eu. en outre, un très-bon mouvement : celui de vouloir rentrer pendant la nuit à l'Hôtel-de-YiHe et de chercher des hommes de bonne volonté, persuadé qu'un coup de force serait parfaitement facile.

Tout cela est bien. Mais y a-t-il un seul article qui attaque M. Andrieux pour cette insurrection du 23 mars ? — Pas un seul.

J'arrive au 30 avril. C'est le quatrième fait : l'émeute de la Guillotière réprimée. On forme deux colonnes : le préfet se met à la tête de l'une; M. Andrieux dirige la seconde; il a passé par la rue de Marseille, et il a fait les sommations voulues ; un tambour a été blessé près de lui ; il s'est parfaitement conduit ; il n'y a rien à blâmer, il n'y a qu'à louer.

Qu'est-ce que dit Ponet ? Je prends son numéro du lendemain :« Bravo ! M. le procui'eur de la République ! Bravo ! M. le procureur général ! Bravo ! M. le Préfet ! » L'éloge est complet, et il n'est pas ironique.

Ainsi, vous le voyez, sur les points auxquels évidemment M. Andrieux doit tenir, sur les points qui mettent en relief son courage, Ponet lui a toujours rendu justice. Ponet a eu raison, et il a prouvé ainsi qu'il n'était pas, qu'il n'avait jamais voulu être l'homme du parti pris.

Seulement, il y a d'autres phases de la vie de M. Andrieux

qui vont expliquer tous les articles de Ponet, et ces autres phases, je ue veux les écrire que pièces en main. Quand vous connaîti'ez ces pièces vous verrez ce que devient le piédestal dressé par mon contradicteur.

Messieurs, avant le 4 Septembre, M. Andrieux est socialiste, émeutier, au moins en doctrine, athée et condamné par les lois de son pavs.

Est-il socialiste ? — Vous n'avez qu'à consulter les journaux, les circulaires qui appuient sa candidature et propagent ses idées.

« Yoilà VEclaireur parlant d'une conférence de M. Andrieux sur l'héritage :

La nécessilé d'une réforme profonde et sérieuse de Timpôt a anmerié M. Andrieux à examiner quelles seraient dans l'avenir les ressources d'une société aux prises avec ce problème.

Après s'être déclaré partisan de la propriété, en s'appuyant sur ce point qu'elle peut être et doit être la récompense du travail, l'orateur a reconnu qu'en principe le droit de propriété n'était pas absolu et que la faculté de transmission, par exemple, était des plus contestables. M. Andrieux en a-t-il tiré cette conclusion : que l'héritage devait être immédiatement supprimé? Nullement; mais il a fait entendre que les collatéraux pourraient être déchus du droit d'héritage dans le cas d'ab intestat^ sans de grands inconvénients. Il résulte même pour nous, de quelques observations particulières échangées avec lui, qu'il ne serait pas éloigné d'adopter la mesure que nous proposions,, il y a un mois, c'est-à-dire la suppres sion immédiate de l'héritage collatéral.

Pour l'héritage direct, le conférencier a exprimé cette opinion que des droits de mutations considérables, suivant une échelle progressive, constitueraient une réponse utile et morale, en même temps qu'un impôt facile à percevoir.

Il a fait même vivement ressortir, à cette occasion, cette vérité trop méconnue : que le capitaliste oisif ne rend, en général, aucun service dans la société et, en conséquence, n'a droite aucune rémunération.

L'héritage direct est donc bien plutôt un fait résultant de la faculté légatrice que de la capacité successorale de l'héritier. »

Le Saint public dit, le 1^'' mai 1870, en parlant de la démission de M. Andrieux, quittant l'Ecole de droit :

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M. Andrieux, avocat, a donné sa démission de professeur à l'Ecole libre de droit établie à Lyon.

Il a compris qu'il ne pouvait plus décemment enseip:ner le droit du vieux monde, lorsqu'il proclame dans les réunions publiques celui des socialistes. Nous croyons qu'en cela il a prudemment agi, car nous avons trop rarement l'occasion de le louer pour que nous ne saisissions pas celle qu'il nous offre par sa détermination toute spontanée.

Le Progrès du 23 mars 1870 publie la circulaire qui le pose comme candidat. C'est une pièce que je dois lire. Elle est signée par Frantz et Baudy, Frantz celui dont Andrieux dit, le 26 du même mois, dans sa lettre au Progrès : « Je n'ai jamais élevé un piédestal à M. Frantz. Je n'ai pas l'iiabitude de flatter ceux que j'aime. »

Dans ces jours où le peuple a besoin de voix puissantes et énergiques, de cœurs jeunes et généreux, de convictions fortement assises^ d'opinions basées sur les principes du radicalisme le plus complet, il importe que les citoyens choisissent pour les représenter des hommes possédant ces qualités indispensables. Eh bien ! nous le déclarons hautement et sans crainte de nous tromper, le citoyen Louis Andrieux doit être rangé au nombre de ces sujets d'éhte.

On termine en l'appelant économiste et socialiste distingué, revendicateur zélé des réformes politiques, religieuses, ouvrières, industrielles et agricoles :

L'élan est donné, le mouvement s'accentue ; il faut des hommes pour pousser en avant. Citoyens, nommez Louis Andrieux.

Vient ensuite le Progrès du o avril, qui parle de la conférence de Tarare, où Andrieux assiste, conférence signalant les vices de l'organisation sociale.

Lisez le Progrès du 3 avril, où on raconte qu'Andrieux se désiste de sa candidature, en insistant sur la signification républicaine socialiste de la candidature de Fonvielle.

Tarare, le t' avril 1870,

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