‹ ŒuvresChapitre 10 sur 232 · SS · texte numérisé non relu

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diGant, et, comme dit Dante, tranêhumanani à mesure qu^il mootait ; comment enfin, ]orsqu*il eut monté, qu^il se retourna et s*assî^ il se trouva avoir, en une vie d*homme , eâcaladé toute une science.

Le malheur, c'est qu'arrivé là, il se trouvait seul ; personne ne pouvait plus comprendre. L'originalité des idées, l'étrangeté du langage, l'isolait également. Généralisant ses généralités, formulant, concentrant ses formules, il employait les dernières comme locutions connues. II lui était arrivé le contraire des Sept dormants. Il avait oublié la langue du passé, et ne savait plus parler que celle de l'avenir. Mais si c'était alors trop tôt, aujourd'hui, peut-être, c'est déjà bien tard. Pour ce grand et malheureux génie , le temps n'est jamais venu.

Yico a eu trop souvent le tort d'efifacer sa route à mesure qu'il avançait. De là , l'apparente étrangeté de ses résultats. Cependant sa belle et ingénieuse polémique contre l'école de Descartes, contre

l'abus de la méthode géométrique , Contre l'esprit critique qui menaçait de sécher et détruire toute littérature, tout art, tout génie d'invention , cette partie négative n'a pas moins d'originalité que l'autre ; elle la prépare et s'y lie étroitement. Dans ses Discours, Yico attaque le critérium cartésien du sens individuel. Dans l'essai sur l'Unité du principe du droit , dans le petit livre sur la Philosophie des langues, enfin , dans la Science nouvelle, il revendique les droits du sens commun du genre humain. Nous venons de marquer ici le progrès général de sa méthode; mais combien de vues ingénieuses nous pourrions indiquer dans les détails ! Le jugement sur Dante, l'appréciation des mérites et des défauts de la langue française , les réflexions sur l'éducation , si applicables encore aujourd'hui et si admirables de simplicité et de profondeur, sufiiraient pour montrer tout ce qu'il y a de bon sens dans le génie.

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