IICBELET
fermée et qui y défend l'unité sacrée de la cité , luttera vigoureusement. Il faudra deux cents ans aux plét>éiens , aux Latins , pour y monter ; deux cents ans pour les Italiens jusqu'à la guerre sociale) ; trois siècles pour les nations soumises à l'empire (jusqu'à Caracalla et Alexandre Sévère) ; deux de plus pour les Rarbares (410, prise de Rome par Alaric).
L'occasion première du combat entre les patriciens et les plébéiens , ce n'est pas la cité même , à ce qu'il semble, c'est la terre. Mais la terre elle* môme , Vtiffer romanus , mesuré par les augures et limité par les tombeaux patriciens , est une partie de la cité; que dis-je, l'oser est la cité, plus que ne l'est la ville même. Les plébéiens sont admis dans la ville ; ils y habitent, ils y possèdent. Mais pour posséder ïager, il faut avoir le droit des Quirites , le droit des augures et des armes, le droit des seuls patriciens. Aussi le peuple ne se soucie- 1- il pas des terres profanes qu'on lui offre. Us aimaient mieux , dit Tite-Live , demander des terres à Rome qu'en posséder à Antium. Cette grande querelle ne peut donc se comprendre que par la connaissance de la cité primitive, dont Vager est une partie, et dans laquelle a son idéal la cité aristocratique que les patriciens ferment aux plébéiens.
Pour arriver à la connaissance de cette cité à la fois humaine et divine , il faut puiser à deux sources , la loi divine et la loi humaine, le droit et la religion , fus et fa$»
La religion romaine , telle que l'histoire nous en a conservé les vestiges, n'a rien de primitif ni d'original; singulièrement humaine et politique dans sa tendance, elle semble une application pratique des religions étrusque et latine aux besoins de l'État. Rome consulte l'Étrurie, mais avec défiance {roxAe chap. précédent), et en modifiant ce qu'elle en reçoit. La religion romaine semble un
Volumnius, écrivain étrusque (Varro , de lingud lai,), les trois anciennes tribus de Rome s'appelaient Ratnneg, Luceree, Tities, Cette division répond trèsbien aux trois grands dieux des Étrusques et aux trois portes sacrées de leurs villes. Cependant, dans ces trois tribus , je serais tenté de reconnaître les compagnons de l'Albain Romulus, ceux du Sabin Tatius, et ceux des lucumons étrusques qui vinrent à Rome, comme auxiliaires de Romulus selon les uns , comme conquérants selon les autres. Les Ramnes (du mot Ramnus, bourg de l'Attique pélasgo-ionienne) viennent probablement de la ville pelasgique d'Albe. — Les fastes consulaires des premiers temps , observe Niebuhr , montrent que les maisons patriciennes sortaient de nations diverses : Cominius Auruneue, Clœlius Siculuê, Sicinius^o&tfiMf^ Aquillius TWcim. D'autres dérivent leurs noms de noms de villcft : Camerinuê, MeduHinuêf etc.
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protestantisme à Tégard de la religion étrusque. Il faut étudier avec précaution cette religion formée par la cité, lorsqu*il s'agit de la cité primitive.
Quant au droit primitif de Rome , nous en possédons un monument dans les fragments des Douze Tables. Ces fragments , rapportés par les anciens comme la source du droit de Rome, ont été recueillis par les modernes , rapprochés , classés par ordre de matières , de manière à présenter Timage d'un code. Hais, au premier regard, on s'aperçoit bient6t que ces lois, écrites dans un esprit si divers, appartiennent à des époques éloignées les unes des autres. Un examen attentif y fait distinguer trois éléments : d'abord les vieux usages de l'Italie sacerdotale, tout empreints d'une barbarie cyclopéenne ; puis le code de l'aristocratie héroïque, qui dominait les plébéiens ; enfin la charte de liberté que ceux-ci lui arrachèrent. Cette dernière partie peut seule se ramener à une époque , à une date ; elle seule est une loi proprement dite. Les deux autres sont des usages, des coutumes écrites à mesure qu'elles risquaient de tomber en désuétude, et que l'on en voulait perpétuer la tradition.
Dans le vieux droit de l'Italie , comme dans sa religion , une critique sévère peut seule écarter les éléments modernes , et reconstruire dans la pureté de son architecture primitive cette cité symbolique qui s'est déformée en s'étendant par l'agrégation des populations qui y sont entrées peu â peu.
L'élément matériel de la cité, c'est la famille sans doute; mais le type , l'idéal de la famille ellemême, c'est la cité. Il ne s'agit donc pas ici de la
* Vay, Burchardi : L^originalité da droit romain n*e6t pas dans la puissance paternelle et maritale , paissance qui dérive naturellement de la vie patriarcale; mais dans ces liens civils qui rejettent sur le second plan ceux de la nature, dans Tagnation, le patronage et le rapport de la fatnilia entre le maître et Tesclave; même dans la puissance maritale et paternelle, le côté de la nature est accessoire. Autre singularité: plusieurs des droits de possession qui ont rapport h la famille bodI juris puhlici ( particulièrement la dot et la domination du pai9r familias sur les biens de la famille ).
3 Istanai, êtare , se tenir debout ; flui , ferme ; êiein, pierre.
8 Le Zeus herheios de TAttique ; herkos, enceinte ; erciêcere, partager la propriété entre les héritiers, parce qu^alors Tenceinte commune est renversée, yoy, le texte admirable de la loi Salique : De chrene chrudd. — a II est évident, dit Nieb., 2« v., Ire éd., p. 592, diaprés » les Pandeetea , les inscriptions et les anciens docu- » ments, qu^un fonds avait souvent un nom particulier, I) qu'il ne quittait point en passant à un autre possesn seur. » De même, en Étrurie, «oy. Otf. Mûller, sur les Cecina. — Siculus Flaccus, De condiiionibuê agrorum
* tt Coemptio vero certis solennitatibus peragebatur, et
famille naturelle. Dans celle qui nous occupe, le droit public domine K
La pierre du foyer (Êorto, Vesta) ', la pierre du tombeau qui limite les champs ', voilà les bases du droit italique. Sur elles sont bâtis le droit de la personne et celui de la propriété, ou droit agraire. La cité a son foyer comme la famille. Autour du foyer public convergent les foyers privés * ; les propriétés particulières, égales entre elles, mesurées, définies par une géométrie sacrée, sont enfermées dans les limites du territoire public , et par elles séparées du terrain vague et profane qu'occupe l'étranger.
Au foyer domestique siègent deux divinités , le lar , génie muet des anciens possesseurs , dieu des morts , et le père de famille , possesseur actuel , génie actif de la maison , dieu vivant pour ses enfants , sa femme et ses esclaves. Ce nom de père n'a rien de tendre, il ne désigne à cette époque que l'autorité absolue. Ainsi tous les dieux, ceux même des morts , sont invoqués sous le nom de Pères. Quelque nombreux que soit le cercle de la famille autour du foyer, je n'y vois qu'une seule personne, le père de famille. Le vieux génie de la famille barbare est un génie farouche et solitaire. Les enfants, la femme, les esclaves sont des corps , des choses , et non des personnes. Ils sont la chose du père, qui peut les battre , les tuer ou les vendre ^. La femme est la sœur de ses fils. Dès que, selon l'ancien usage, le fer d'un javelot a partagé les cheveux de la fiancée, dès qu'elle a goûté au gâteau sacré (confarreatio) y ou que l'époux a compté au beaupère le prix de la vierge {coemptio ^), on lui dicte
( m rei agrariœ auetoribuê, éd. Gœsius, 4», 1674). P. 4 : tt Yariis regionibus signa defodiunt pro terminia.Ergo, « ut supra dixi, consuetudines maxime regionum in- » tuendae, et ex vicinis exempta sumenda snnt. Inspin ciendum erit et illud, quoniam sepulcra in extremis » finibus facere soliti sunt , et cippos ponere , ne ali- » quando cippus pro termino errorem faciat. Nam in 0 locis saxuosis et in sterilibus, etiam in raediis pos- I) sessionibus sepulcra faciunt. «
' Le foyer commun , dans beaucoup d*États anciens, impliquait table commune. Les syssities ne semblent pas être inconnues aux Romains (Dionys. Hal., II , 23 , 65. Cic, de Orat,, 1 , 7), et aux Italiens en général (Arist., Polit, VU, 9). f^oy. aussi K. D. Iliilmann, Staal8reehtde$Mterthufn8,Co\oQne^ 1820. L'auteura fait beaucoup de rapprochements plus ou moins exacts entre les gouvernements de Rome, de la Grèce et de Carthage.
^ Sur la puissance paternelle du citoyen romain , t>oy, les Disêertationa de G. W. ab Oosten de Bruyn , Ger. Noodt, Corn, von Bynkersfaoek, Abr. Wieling, Perrenot, J. Beckman, etc., etc.
s La confarreatio semble le mariage des tribus sacerdotales, la coemptio celui des tribus héroïques *. Le
» tese in coeipendo invicem' interrogabant; vir ita : an ma>
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la formule (ubi tu gatus, ego gâta * ) i on l'enlève , elle passe sans toacherdes pieds le seuil de la maison conjugale, et tombe, selon la forte expression du droit , in manum virù Son mari est son maître et son juge. Pour qu'il ait droit de la mettre à mort, il n'est pas nécessaire qu'elle ait violé sa foi; il suffit qu'elle ait dérobé les clefs ou qu'elle ait bu du vin 3. A plus forte raison , le sort de l'enfant est-il abandonné au père sans condition. L'enfant monstrueux est détruit à l'instant de sa naissance. Le père peut vendre son fils jusqu'à trois fois , il peut le mettre à mort. Le fils a beau grandir dans la cité, il reste le même dans la. famille; tribun, consul, dictateur, il pourra toujours être arraché par son père de la chaise curule ou de la tribune aux harangues, ramené dans la maison et mis à mort aux pieds des lares paternels. Le consul Spurius Cassius fut, dit-on, jugé et exécuté ainsi^ Vers la fin même de la république , un sénateur complice de Calilina fut poursuivi et mis à mort par son père.
Le droit civil qui domine ici la famille avec tant de sévérité, en élend les limites bien au delà de la nature. A côté du fils se placent tous les membres inférieurs de la gens, ses clients ou dépendants
consentement demandé à la femme dans la coeroptio doit être un adoucissement des temps postérieurs.
' F'off, Brisson , cfo nupHi». Oaîa veut dire la vache ou la terre labourable, f^oy, plus haut la note sur les rapports du latin et du sanscrit.
a Plin.,XlV,15.
' Denys compare les clients aux pénestes de Thessalie. Chez les Grecs, le simple habitant était obligé de se choisir un citoyen pour son tuteur, xr^orrinK ( mundherm, dana la langue du moyen âge, — guardian, dans l'anglais ), sans quoi , il eût été hors la loi dans les rapports civils les plus communs.
* On peut supposer encore que beaucoup de clients faisaient partie des vainqueurs, et étaient liés aux chefs de ceux-ci par des rapports d'attachement héréditaire, de parenté éloignée ou imaginaire. Le sens du mot dieni étant purement relatif, comme celui de rassal au moyen Age, doit prêter à l'équivoque, et signifier également le compagnon du guerrier, et le serf.
^ « Les clients, dit Niebuhr, sans citer ses autorités, recevaient quelquefois de leur patron du terrain pour bâtir, avec deux acres de terres labourables , concession analogue aux précaires du moyen Age.» — Romulus,
» lier sibi mater familias esse vcllet; illa respondebat: « velle i>. » item mulier interrogabat , an Tir sibi pater familias esse » Tcllet; ille respondebat: « velle». Itaque mulier viro con- » Teniebat in manum, et vocabbatur hae nuptix per coemp- » tionem, et erat mulier mater familias viro loco fili«. » Ce consentement demandé A la femme relève beaucoup Tidéc du mariage per a)emptùmem.
Quelle que fût leur origine, il est vraisemblable que si les patriciens ne furent pas tous Étrusques, au moins ils voulurent Pétre; que les plébéiens, adversaires des patriciens, que les clients, séparés peu A peu des patrons, furent ou
(cliens de cluere, comme en allemand hœriger de hœren, entendre) ', ses colons {clientes quasi colentes ?) auxquels le père divise ses terres par lots de deux, de sept arpents. Ces clients ou colons sont d'origine diverse ^ ; les uns , anciens habitants du pays, sont devenus, par leur défaite, de proprié-r taires, fermiers; d'autres sont de pauvres étrangers, des esclaves affranchis ou fugitifs qui ont trouvé un abri sous la lance du quirite, et qui prennent de lui un petit lot de terre aux conditions d'un bail plus ou moins onéreux ^. Ainsi firent les conquérants de la Thessalie, les Doriens du Péloponèse, lesMamertinsrSabins, qui occupèrent le Samnium {ierra olim attrihuta particulatim hominibus ut in Samnium sahellis ^ ) ; enfin , les Barbares qui envahirent l'Empire. Ceux-ci, comme les Romains à l'égard des Herniques , se contentèrent d'un tiers des terres des vaincus.
Les obligations des clients à l'égard du patron ne sont pas sans analogie avec celles des vassaux à l'égard du seigneur féodal. Ils devaient aider ai; rachat du patron captif, contribuer pour doter sa fille, etc. J'ai marqué ailleurs l'énorme différence morale qui sépara la clientèle du vasselage '.
selon la tradition, fixa pour lot de chaque citoyen deux jugera, c*est-A*dire un demi-hectare (Yarr., /?. R., T,10. Plin., II), portion appelée HKasmuM {quod heredem êeqtteretur), id est soas, Festus, ou cespes fortuituê, Horat., Od., II, 15, 17. On appelait une centaine de ces portions, êortes ou hœredia centuria, Golumell.,1, 5; de lA : In nullam êortem bonorum naiva , né sans biens et sans héritage. Tit.-Liv., I, 34. Après Pexpulsion des rois, on distribua sept jugera A chaque particulier, Plin., XVIII, 3. On continua pendant longtemps d*assigner cette même étendue de terrain dans les différents partages des terres conquises, Tit.-Liv., V, 80. Val. Max., IV, 5 , 5. Les possessions de L. Quinctius Cincinnatus , de Curius Dentatus, de Fabricius, de Régulus, etc., n*avaient pas une plus grande étendue. Id,, ly, 4, 6 et 7.
s Varro, apud Phalarg. Hicalî y voit une loi agraire.
7 f^oy, Blackstone. Il semble, d'après Tit.-Liv., XXXIX , 19 , qu*il était défendu aux afÂ*anchis de s*allîer hors de la gène. Adam {Jnii^iéê romaines) étend cette défense A tous les citoyens. — Kiebuhr pense que le patron héritait du client.
Selon lui , il est absurde de croire que les plébéiens
voulurent être tatiqç. Tout patricien est Étrusque, tout plébéien ou client est Latin ; cela est vrai , au moins d'une vérité lo(pque. Si Ton admet le système de Niebuhr, dans sa première édition , il faut admettre aussi avec Schrader {de Juii. eêjwreyl, 7), etSchweppe, que les patriciens auraient suivi le droit étrusque, et les plébéiens le droit latin ; de lA tant d'institutions doubles, par exemple, domtiMM esse, comme Latin, tn bonis habere, comme Étrusque; mariage t» monur, comme Étrusque, mariage libre, comme Latin. Depuis les Douze Tables, un seul et même droit civil.
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Femme, fils , enfants , clients , esclaves, tons dépendants du père de famille, n'existent comme personnes, ni dans la famille, ni dans la cité. A eux tous ils n*ont qu'un nom , celui de la gens , représentée par son chef. Ils s'appellent tous Glaudii , dornelii, Fabii '. Ce nom n*est un nom propre que pour Appius Claudius , Cornélius Scipio , Fabius Maximus. A lui seul est la terre , et la terre se dit nomen , comme au moyen âge , terra en italien signifia au contraire titre seigneurial, seigneurie, forteresse.
Le père seul a le Ju$ quiritium , le droit de la lance ' et du sacrifice. Qui a la lance et le sacrifice, a aussi la terre , et son droit est imprescriptible. Le droit d'héritage , le droit sur le bien de l'ennemi, entrent également dans le jus quirUium; insolente définition. C'est le droit d'occuper par la main , par la force , mancipatio» Et lorsqu'il faut témoigner devant le conseil public des terres et
fussent originairement clients des patriciens. Les clients ne se réunirent à la plebs qu*h mesure que leur servitude eut été relâchée en partie par le progrès général vers la liberté , en partie par I^extinction ou la décadence des maisons de leurs patrons. Les plébéiens, avant Servius , transportés , pour la plupart , des pays vaincus h Rome , étaient citoyens libres , mais ne votaient point (il n*y avait d*a8semblée8 que celles des curies ) , et ne s^alliaient point par mariage aux patriciens. Les nobles des cités conquises , les Mamilii , les Papii, les Gilnii, les Caecina, étaient tous plébéiens. Ce qui prouve cette origine des plébéiens c'est la tradition d'après laquelle Ancus établit sur TAventin les Latins des villes détruites ; cette montagne fut ensuite le siège de ce que Ton peut appeler particulièrement la cité plébéienne. Il est probable, néanmoins, que la plus grande partie de ces nouveaux citoyens restèrent sur leurs terres pour les cultiver.
^ Les trois cents Fabius ne sont vraisemblablement pas plus d*une même race que les innombrables Campbell du clan écossais de ce nom. Les Scipion et les Sylla , liés entre eux par la communauté du nom cornélien et par celle des mêmes êacra gentiliiia, ne semblent pas avoir été parents. Cicéron ne parle pas expressément de la descendance commune dans la définition quHI a donnée des gentilea, Cic, Topic, 29. a Gentiles « 8unt qui inter ge eodem ênni nomine ah iftgenuis » oriundi, quorum majorum nemo servit ntem servivit, » qui capite non sunt diminuti. o
Toutefois il est vraisemblable que cette probabilité de parenté était une sorte de mystère sur lequel les branches diverses de la genê n'aimaient point à sVxpliquer; les petits, parce qu^elle était leur gloire; les grands, parce qu*elle faisait leur force et leur grandeur *, Dans une même gens, dans la gens Claudia, nous trouvons à côté des Appii patriciens, la famille plé-
* Ainsi en allemand les mots de veltem , cousin , de #cA«wager, beau- frère ^ n'indiquent pas une parenté réelle; ce
des choses vivantes ou inanimées qu'on possède, c'est la lance {cur, quir) à la main, que s'y présente le quirite , symbolisant et soutenant à la fois son droit par ses armes. Point de testament dans cette forme primitive de la cité '. La terre quiritaire passe avec la lance du père au fils , succession nécessaire et fatale. Si le père en voulait disposer autrement , il ne pourrait le faire que dans le conseil des curies {calatis comitiis), La curie qui répond de ses membres (comme le hundred germanique) , à qui , faute d'héritiers, échoit leur bien, peut seule autoriser une déviation fondée sur la volonté de l'individu.
Ce père de famille, ce nomen, cette personne, quiritaire , identifiée avec la terre et la lance, siège seul , nous l'avons vu déjà , au foyer domestique. Autour, femme, fils, enfants, clients, esclaves, ont les yeux fixés sur lui. Lui seul a les sacra privata *, auxquels est communiquée la force de sacrapublica .
béicnne des Harcelli,qui ne leur cédait point en splendeur ; nous y trouvons des familles inférieures qui se rattachent aux patriciens par la clientèle, par exemple celle de ce Harcus Claudius qui réclama Virginie comme son esclave. Enfin , la gens contenait les affranchis et leurs descendants. De même que les phratries grecques ( â Athènes , les Codrides , les Eumolpides , les Bntades, etc. , h Chio , les Homérides ) , les génies de Rome rapportaient leur origine à un héros , les Julii à Iule , fils d'Énée, les Fabii à un fils d'Hercule, les JEmilii à un fils de Pythagore, etc.
Un certain nombre de génies réunies sous la lance d*un patricien, s'appelaient curia, de curis, lance. Ainsi , au moyen âge , on disait une lance pour la réunion de cinq ou six soldats sous un chevalier. Le chef de la curie était un prêtre et augure pour les génies qui la composaient, comme c'était le chef de la gens pour ses genHlet. Les votes se prenaient par curie, chacune donnant un vote. Le vote de la curie se formait de ceux des génies; chaque gens en donnait un : a Cum I) ex generibus hominum suffragium feratur , curiata 0 comitia esse. «> Lelius Félix in Gellio , XT, 27. « Gu- A riata comitia per lictorem curiatum calari , îd est 0 convocari; centuriata per cornicinem. •
' Tant que les plébéiens ne sont rien encore dans la cité, ils ne peuvent paraître dans les guerres, que pour grossir la gloire des patrons qui les conduisent (Tacit., German,), Les multitudes sont désignées par le nom des chefs patriciens. Il ne faut pas s'étonner si un patricien suiEt pour défendre un pont , pour décider le gain d'une bataille. La personne du patron représente alors toute sa gens, comme ces personœ ou masques que Ton portait aux funérailles {f^og, Schweighauser ).
' f^oy» CÈans, Erbrecht, v. II.
^ Foy, dans le Journal de Savigny, sa curieuse dissertation sur les $acra , 2«v., 1816. Les sacra pricata
sont de ces noms familiers que Taristocratie donne en souriant, et que l'homme d'un rang inférieur prend au sérieux.
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